Vendredi 8 Août 2008  

Soninkara, ou la société Soninké.

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Les Soninkos et l'empire du GHANA

Pour approfondir le sujet  concernant la société et la culture des Soninko, faites un tour sur le site web soninkara  . Soninkara.com est le travail de jeunes Soninkés de tous les horizons afin de promouvoir leur culture et à terme de constituer une grande base de données sur tout ce qui se rapporte aux Soninkos.

Les Soninké sont un peuple très ancien car leurs origines remontent au-delà de Wagadou communément appelé Empire du GHANA. Il est considéré comme étant  le premier empire structuré de toute l'Afrique Noire. Aussi longtemps que les anthropologues puissent remonter le temps, nos origines remontent du côté de la NUBIE.  Les anthropologues, historiens et ethnologues s'accordent considèrent que le royaume existait déjà au (minimum) VIè siècle.

Il existe une divergence notable entre certains écrits et la tradition orale SONINKE maintenue vivante par les Griots. Heureusement que des historiens comme Monteil en ont saisi l'importance. Il écrivit en 1898 :  «... la fondation d'un Etat Soninké Noir, à une époque indéterminée, avec Koumbi Saleh comme Capitale  qui aurait été désertée quelques siècles plus tard à la suite de sept années consécutives de sécheresse suivies de sept mois et sept jour.  » Ce qui est indéniable, c'est qu'au cours du XI siècle, plusieurs auteurs arabes, en particulier le géographe Al-Bakri (1068), ont décrit un état de Ghana, très prospère, situé au sud du Sahara, entre les fleuves Sénégal et Niger biens et des réserves d'or ".

Cet ensemble très vaste est gouverné par un Empereur, lequel s'appuie sur un gouvernement central. Il est tout-puissant mais n'est pas un tyran. Son autorité est atténuée par la présence à ses côtés de grandes familles dignitaires qui s'occupent des tâches administratives de l'empire : impôts, armée, justice, etc.

A la tête des royaumes subordonnés, la cour centrale a maintenu les anciennes cours royales. C'est pourquoi on parle d'empire du Ghana pour indiquer que le Ghana est composé d'une cour centrale, la cour impériale, et de plusieurs cours royales soumises à l'autorité centrale : Tekrour, Sosso, Mandé...

Les cours périphériques jouissent d'une certaine autonomie sur les question d'intérêt local, mais elles doivent obéissance à la cour impériale sur les questions intéressant l'ensemble de l'Empire: : douanes aux frontière, armées par exemple.

Nous n'allons pas reprendre ici en entier l'histoire complète des Soninké. Nonobstant, un petit retour en arrière est indispensable pour comprendre les arcanes de la société Soninké si complexe.

Les Soninké ne se distinguent pas par leurs prénoms mais plutôt par leur nom de famille. Ceci est tellement sacré chez les Soninké que les femmes contrairement à la société occidentale ne changent pas leur nom de famille même mariée. C'est grâce au Nom de Famille que les gens se situent dans l'espace et dans le temps. On reconnaît les gens de par leur nom de famille. Par exemple chaque nom de famille que ce soit  Diawara, Camara, Sakho, Doucouré, etc...a à peu près la même origine et la même histoire.

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L'organisation sociale d'antan

Du temps de Wagadou, il y avait un empereur à la tête de l'échelle sociale, suivi de familles de hauts dignitaires. Même après la dislocation de l'empire du GHANA vers le XIIè siècle, la quasi totalité des villages ou royaumes Soninké sont hiérarchisés de la sorte:

  • Il y a le roi ou chef de village qui détient le pouvoir. Dans la plupart des cas, il accède à cette fonction par droit d'aînesse dans la famille régnante. Ce n'est en général pas lui qui définit les lois et règles de la communauté. Ces dernières sont des vestiges de l'organisation sociale du temps de l'empire du GHANA. Chaque royaume ou village les a adaptées à leur guise mais au fond tout Soninkara fonctionne à peu près en suivant les mêmes règles. Après la famille régnante, viennent les familles de dignitaires du village ou du royaume, et les castes. Chaque famille a son rôle à jouer.

  • Les marabouts s'occupent de rendre la justice, d'éduquer la population en leur apprenant le coran ou en leur faisant des amulettes. Ils constituent un pilier essentiel de l'organisation sociale Soninké. On leur prête des pouvoirs occultes à cause de leur connaissance profonde des écrits mystiques.

  • Les forgerons ont la tâche de fabriquer les armes (fusils, lances, sabre, épées,...) mais les outils de travail (houe, daba, herminette, couteaux,...). Ils sont au sommet de la hiérarchie des Niakhamalas (cordonniers, griots, sculpteurs,...). Ils sont respectés et craints à cause de leur maîtrise du feu.

  • Les griots comme les forgerons, les cordonniers, les sculpteurs font partie du caste des « Niakhamala ». C'est ce qu’on pourrait appeler les maîtres de cérémonie. Dans les grandes occasions, ce sont eux qui prennent la parole pour flatter les gens et jouer la musique traditionnelle Soninké. Dans la hiérarchie des « Niakhamala », ils viennent juste après les forgerons.

  • Les cordonniers viennent après les griots. Ils se chargent de tout le travail du cuir. Ce sont eux qui font les selles des montures, les chaussures et les fourreaux des épées et autres dagues. En contrepartie de ces services, les dignitaires pourvoyaient à leurs besoins.

  • Du temps de l'esclavage, ces derniers étaient la propriété de leurs maîtres respectifs. Ils travaillaient et en contrepartie, leurs maîtres s'occupaient d'eux (ça n'a pas toujours été le cas). Tout ceci à cause des guerres et des famines qui contraignirent les gens à vendre leurs enfants ou leur captifs.

L'organisation sociale actuelle


Que reste-t-il de l'organisation sociale de Soninkara d'antan? On peut dire que le pouvoir est détenue en générale par les familles fondatrices du royaume ou du village. Avec le temps et la colonisation française, les choses ne sont plus comme elles étaient. Même si le pouvoir appartient toujours aux mêmes, la gestion du village est devenue plus démocratique.

L'organisation sociale reste à peu près le même avec les marabouts qui ne rendent plus la justice (la loi occidentale est passée par là), les « Niakhamala » qui font figure de maîtres de cérémonie, les griots qui continuent de chanter les louanges et l'histoire des familles.

On peut dire que c'est la colonisation qui a porté un coup fatal à la société Soninké en déstructurant son organisation sociale. On a été obligé de composé avec l'occupant. Ainsi la justice n'est plus rendue chez le Chef du village mais dans un tribunal occidental. La conférence de Berlin a sonné le partage de l'Afrique entre les grandes puissances. Conséquence, les Soninké se sont vus éparpillés entre la Mauritanie, le Mali, la Gambie et le Sénégal.

Les soninké sont et restent un peuple assez conservateur. Soninkara a traversé ces trois siècles de colonisation mais a su garder intact les fondement de sa culture et de sa civilisation.

Aujourdhui la quasi totalité des enfants de Soninkara vont à l'école. Nul doute que la société Soninké est à la croisée des chemins. Nul doute qu'on continuera à éduquer les enfants dans la case de l'Homme au village. mais qu'adviendra des enfants nés de parents Soninké établis en Europe? Réussiront-ils à s'intégrer dans la société occidentale tout en ne reniant pas leurs origines?

Des réponses à ces questions dépendront la survie et l'épanouissement des Soninkés du Sénégal, Mali, Mauritanie, Gambie. Pour  ajouter un commentaire ou voir ceux déjà postés, cliquez ci-après: [25] 

Dernière mise à jour le 26/09/2005

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