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Les Soninkos et
l'empire du GHANA |
Pour approfondir le
sujet concernant la société et la culture des Soninko,
faites un tour sur le site web soninkara . Soninkara.com est le travail de
jeunes Soninkés de tous les horizons afin de promouvoir leur
culture et à terme de constituer une grande base de données sur
tout ce qui se rapporte aux Soninkos.
Les Soninké sont un peuple
très ancien car leurs origines remontent au-delà de Wagadou
communément appelé Empire du GHANA. Il est considéré comme étant
le premier empire structuré de toute l'Afrique Noire. Aussi
longtemps que les anthropologues puissent remonter le temps, nos
origines remontent du côté de la NUBIE. Les anthropologues,
historiens et ethnologues s'accordent considèrent que le royaume
existait déjà au (minimum) VIè siècle.
Il existe une
divergence notable entre certains écrits et la tradition orale
SONINKE maintenue vivante par les Griots. Heureusement que des
historiens comme Monteil en ont saisi l'importance. Il écrivit en
1898 : «... la fondation d'un Etat Soninké Noir, à une époque
indéterminée, avec Koumbi Saleh comme Capitale qui aurait été
désertée quelques siècles plus tard à la suite de sept années
consécutives de sécheresse suivies de sept mois et sept jour. » Ce qui est
indéniable, c'est qu'au cours du XI siècle, plusieurs auteurs
arabes, en particulier le géographe Al-Bakri (1068), ont décrit un
état de Ghana, très prospère, situé au sud du Sahara, entre les
fleuves Sénégal et Niger biens et des réserves d'or ".
Cet ensemble très vaste est gouverné par un Empereur, lequel
s'appuie sur un gouvernement central. Il est tout-puissant mais
n'est pas un tyran. Son autorité est atténuée par la présence à
ses côtés de grandes familles dignitaires qui s'occupent des
tâches administratives de l'empire : impôts, armée, justice, etc.
A la tête des royaumes subordonnés, la cour centrale a maintenu
les anciennes cours royales. C'est pourquoi on parle d'empire du
Ghana pour indiquer que le Ghana est composé d'une cour centrale,
la cour impériale, et de plusieurs cours royales soumises à
l'autorité centrale : Tekrour, Sosso, Mandé...
Les cours périphériques jouissent d'une certaine autonomie sur
les question d'intérêt local, mais elles doivent obéissance à la
cour impériale sur les questions intéressant l'ensemble de
l'Empire: : douanes aux frontière, armées par exemple.
Nous n'allons pas
reprendre ici en entier l'histoire complète des Soninké.
Nonobstant, un petit retour en arrière est indispensable pour
comprendre les arcanes de la société Soninké si complexe.
Les Soninké ne se
distinguent pas par leurs prénoms mais plutôt par leur nom de
famille. Ceci est tellement sacré chez les Soninké que les femmes
contrairement à la société occidentale ne changent pas leur nom de
famille même mariée. C'est grâce au Nom de Famille que les gens se
situent dans l'espace et dans le temps. On reconnaît les gens de
par leur nom de famille. Par exemple chaque nom de famille que ce
soit Diawara, Camara, Sakho, Doucouré, etc...a à peu près la
même origine et la même histoire.
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L'organisation
sociale d'antan |
Du temps de Wagadou, il y avait un empereur à la tête de
l'échelle sociale, suivi de familles de hauts dignitaires. Même
après la dislocation de l'empire du GHANA vers le XIIè siècle, la
quasi totalité des villages ou royaumes Soninké sont hiérarchisés
de la sorte:
-
Il y a le roi ou chef de village qui détient le pouvoir.
Dans la plupart des cas, il accède à cette fonction par droit
d'aînesse dans la famille régnante. Ce n'est en général pas lui
qui définit les lois et règles de la communauté. Ces dernières
sont des vestiges de l'organisation sociale du temps de l'empire
du GHANA. Chaque royaume ou village les a adaptées à leur guise
mais au fond tout Soninkara fonctionne à peu près en suivant les
mêmes règles. Après la famille régnante, viennent les familles
de dignitaires du village ou du royaume, et les castes. Chaque
famille a son rôle à jouer.
-
Les forgerons ont la tâche de fabriquer les armes (fusils,
lances, sabre, épées,...) mais les outils de travail (houe,
daba, herminette, couteaux,...). Ils sont au sommet de la
hiérarchie des Niakhamalas (cordonniers, griots,
sculpteurs,...). Ils sont respectés et craints à cause de leur
maîtrise du feu.
-
Les griots comme les forgerons, les cordonniers, les
sculpteurs font partie du caste des « Niakhamala ». C'est
ce qu’on pourrait appeler les maîtres de cérémonie. Dans les
grandes occasions, ce sont eux qui prennent la parole pour
flatter les gens et jouer la musique traditionnelle Soninké.
Dans la hiérarchie des « Niakhamala », ils viennent juste
après les forgerons.
-
Les cordonniers viennent après les griots. Ils se chargent
de tout le travail du cuir. Ce sont eux qui font les selles des
montures, les chaussures et les fourreaux des épées et autres
dagues. En contrepartie de ces services, les dignitaires
pourvoyaient à leurs besoins.
-
Du temps de l'esclavage, ces derniers étaient la propriété
de leurs maîtres respectifs. Ils travaillaient et en
contrepartie, leurs maîtres s'occupaient d'eux (ça n'a pas
toujours été le cas). Tout ceci à cause des guerres et des
famines qui contraignirent les gens à vendre leurs enfants ou
leur captifs.
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L'organisation
sociale actuelle |
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Que reste-t-il de l'organisation sociale de Soninkara d'antan?
On peut dire que le pouvoir est détenue en générale par les
familles fondatrices du royaume ou du village. Avec le temps et la
colonisation française, les choses ne sont plus comme elles
étaient. Même si le pouvoir appartient toujours aux mêmes, la
gestion du village est devenue plus démocratique.
L'organisation sociale reste à peu près le même avec les
marabouts qui ne rendent plus la justice (la loi occidentale est
passée par là), les « Niakhamala » qui font figure de
maîtres de cérémonie, les griots qui continuent de chanter les
louanges et l'histoire des familles.
On peut dire que c'est la colonisation qui a porté un coup
fatal à la société Soninké en déstructurant son organisation
sociale. On a été obligé de composé avec l'occupant. Ainsi la
justice n'est plus rendue chez le Chef du village mais dans un
tribunal occidental. La conférence de Berlin a sonné le partage de
l'Afrique entre les grandes puissances. Conséquence, les Soninké
se sont vus éparpillés entre la Mauritanie, le Mali, la Gambie et
le Sénégal.
Les soninké sont et restent un peuple assez conservateur.
Soninkara a traversé ces trois siècles de colonisation mais a su
garder intact les fondement de sa culture et de sa civilisation.
Aujourdhui la quasi totalité des enfants de Soninkara vont à
l'école. Nul doute que la société Soninké est à la croisée des
chemins. Nul doute qu'on continuera à éduquer les enfants dans la
case de l'Homme au village. mais qu'adviendra des enfants nés de
parents Soninké établis en Europe? Réussiront-ils à s'intégrer
dans la société occidentale tout en ne reniant pas leurs origines?
Des réponses à ces questions dépendront la survie et
l'épanouissement des Soninkés du Sénégal, Mali, Mauritanie,
Gambie. Pour ajouter un commentaire ou voir
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Dernière mise à jour le 26/09/2005
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