Mardi 9 Fév. 2010  

La culture Soninké

Diawara

  Accueil
  Histoire
  L'environnement

Commune
  Actualité
  Diawara-Longvic
  L'éducation
  La santé
  Le forage
COREDIA
  Actualité
  Réalisations
  Projets
  Club-Unesco BFC
  Page des membres
Economie
  Activités-initiatives
  Convertisseur
Société-Culture
  La culture Soninké
  Soninkara
  Wagadou
Le SENEGAL
  Bref aperçu
  Le climat
  La végétation
  Les animations
Diawara sur le web
  ISF-Orléans
  Lycée Castel
  Articles de Presse
Autres

  Le forum
  Le Chat
  Signer le livre d'Or
  Liens Favoris
  Pub pour le site
  Le Sénégal
  Album Photos
  Sites Partenaires
  Nous écrire

Total Visiteurs: 358481
Visites aujourd'hui: 66
Connectés actuellement: 2
 
 
 
Moteur de Diawara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un héritage millénaire

On dit souvent à Soninkara: « Soro xooro DINGHA, soke xooro kooñore...». DINGHA est considéré comme l'ancêtre de tous les Soninké. On dit qu'il est venu des bords du grand fleuve. Il est passé par Taabo, Baagna, Woyna et  Woyta. On le considère comme le fondateur de Wagadou (Empire du Ghana) après qu'il eut chassé le démon des bords du Puit. Puis il installa le fameux Serpent de Wagadou. Les habitants des lieux le vénèrent en lui offrant chaque année une jeune fille vierge, après les moissons. En contrepartie, le serpent faisait tomber la pluie en abondance et aussi des pépites d'or sur les bords du fleuve. A nos jours il y a encore des familles qui n'ont pas rompu le pacte qui les liait au Biida de Wagadou...

Après la dislocation de l'empire de Ghana, les Soninke se sont dispersés mais ne se sont jamais quitté vraiment. Où qu'ils soient, leurs villages ne sont jamais très éloignés les uns des autres. Ce   « rapprochement » a permis aux Soninké de perpétuer leur culture. Les Soninké attachent une  importance capitale à l'éducation de l'individu. C'est tellement important à leurs yeux qu'ils la confièrent à toute la communauté.

Pour  ajouter un commentaire ou voir ceux déjà postés, cliquez ci-après: [0] 

Du conte à la Sagesse...

Contrairement à la légende qui appartient toujours à l’histoire d’un pays ou d'une contrée et qui s’inspire de faits réels, le conte lui s’inscrit dans un ordre mythique. La légende fait partie de la mémoire collective d’un peuple ou d’une ethnie. Cela nous montre qu’il y a des liens profonds entre l’histoire africaine et sa mémoire collective, son pouvoir et sa parole.

Le fait de n'avoir pas d'écriture ne prive pas pour autant les Soninké d'avoir un passé, et une culture. L'écriture est une chose et le savoir en est une autre. L'écriture est la photographie du savoir, mais elle n'est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l'homme. Il est l'héritage de tout ce que les ancêtres ont pu connaître et qu'ils nous ont transmis en germe, tout comme le baobab est contenu en puissance dans sa graine, tout comme l'avenir est contenu en essence dans notre passé.
La culture Soninké héritée et transmise de bouche à oreille peut soit se développer, soit s'étioler. Elle se développe là où existent encore des veillées  d'initiation et des jeunes gens pour recevoir la la morale des contes qui mènent à la sagesse. Elle se perd partout où l'initiation disparaît.

La culture Soninké est immense, variée, et concerne tous les aspects de la vie. Par les contes, le Soninké dès son jeune âge est préparé à acquérir les connaissances nécessaires qui l'aideront à guider ses pas vers la sagesse. Le  conteur  n'est jamais un  spécialiste . C'est un généraliste de la culture Soninké. Le même vieillard, ou la même vieille dame par exemple, aura des connaissances aussi bien en pharmacopée, en science des animaux , qu'en  science occulte. On peut parler là d'une  science de la vie , la vie étant conçue comme une unité où tout est relié, interdépendant et interagissant.  On se condamne à ne rien comprendre à l’Afrique traditionnelle si on l’envisage à partir d’un point de vue profane. Toute chose a un sens. Il y a le sens apparent et le caché dans l'essence des choses. Quand on se mire sur l'eau claire de la mare, on la regarde ou on s'y regarde. L'enfant ne voit dans le baobab que le pin de singe tandis que l'ancien y voit le demeure des esprits. C'est une des explications concernant le fait que les personnages des contes Soninkés soient des bêtes ou des humains...

La culture Soninké à l'instar des autres peuples africains a ses racines dans le conte. La plupart des personnages dans le conte Soninké sont des animaux. On ne les désigne jamais  sans précéder leur nom de « kaawou » qui signifie oncle en Soninké. Ceci est fait exprès afin d'habituer le jeune auditoire à ne jamais appeler les aînés directement par leur nom. Les différents genres de la culture orale traditionnelle Soninké regorgent de préceptes, d'anecdotes qui éduquent véritablement au respect des parents et des aînés, l'honnêteté, le courage, le sacrifice, la tolérance, à la modération, etc. Pour montrer la puissance des contes dans la formation culturelle de l' enfant, voici un conte Soninké connu de tous.  Voici un conte Soninké  connu de tout Soninkara. 

    Dites-moi "xay"
    -Xay
    Hyène et Oncle  Lièvre décidèrent, pendant une famine
    d'aller chercher de la nourriture pour leurs femmes.
    Oncle Hyène partit mais ne trouva que des vieilles
    peaux d'animaux.
    Oncle Lièvre partit lui aussi. Il marcha longtemps, longtemps et
    finit par "rencontrer" un arbre. Il s'arrêta sous son ombre et dit :
    - Arbre, que ton ombre est fraîche !
    - Tu as goûté mon ombre mais tu n'as pas goûté mes feuilles.
    Alors Lièvre prit une feuille et la goûta.
    - Arbre, que tes feuilles sont bonnes !
    - Tu as goûté mes feuilles mais tu n'as pas goûté mon écorce.
    Lièvre prit un bout d'écorce et la mit dans sa bouche. Il dit :
    - Arbre, que ton écorce est bonne !
    - Tu as goûté mon écorce mais tu n'as pas goûté ce qu'il y a
    dans mon ventre.
    - Comment en avoir ?
    - Si tu dis "dunwari", je m'ouvrirai. Si tu dis "dunxicci",
    je me fermerai.
    Lièvre dit "duwaara". Alors l'arbre s'ouvrit. Il entra et mangea,
    mangea tout son soûl. Quand il fut rassasié, il prit de la nourriture
    et la rapporta à sa femme.
    Une fois de retour au village, Lièvre dit à Oncle Hyène qu'il avait
    "rencontré" un arbre, qu'il avait mangé tout son soûl et qu'il avait
    rapporté de la nourriture à sa femme. Hyène dit :
    - Montre-moi où tu as trouvé cet arbre. J'irai à mon tour demain
    matin. Quand je serai rassasié, je rapporterai de la nourriture à ma
    femme.
    - Oui, répondit Lièvre, je te montrerai demain matin.
    Lorsqu'ils partirent le lendemain, Lièvre indiqua le chemin :
    - Tu marcheras, marcheras jusqu'à atteindre cet arbre là-bas.
    Tu t'arrêteras dessous en disant "que ton ombre est bonne ! ".
    Hyène marcha jusqu'à l'arbre en question. Il dit :
    - Arbre, que ton ombre est bonne !
    - Tu as goûté mon ombre mais tu n'as pas goûté mes feuilles.
    Hyène prit une feuille et la mit dans sa bouche.
    - Arbre, que tes feuilles sont bonnes !
    - Tu as goûté mes feuilles mais tu n'as pas goûté mon écorce.
    Hyène prit un bout d'écorce et la mit dans sa bouche. Il dit :
    - Arbre, que ton écorce est bonne !
    - Tu as goûté mon écorce mais tu n'as pas goûté ce qu'il y a
    dans mon ventre.
    - Comment en avoir ?
    - Si tu dis "dunwari" je m'ouvrirai.
    Lièvre dit "dunwari" et l'arbre s'ouvrit. Il y entra et mangea,
    mangea tout son soûl. Quand il sortit; il dit "dungicci" et l'arbre
    se referma. Hyène se dit alors : "Ah ! si j'avais quelqu'un pour
    m'aider à porter cet arbre !" L'arbre lui répondit :
    - Tu n'as pas besoin d'un porteur, je peux t'aider moi-même.
    Mets ton coussinet sur la tête.
    Hyène s'exécuta puis mit l'arbre sur sa tête et l'emporta au village.
    En arrivant, il appela :
    - Siya ! Siya.  J'ai rapporté quelque chose de la brousse ! viens
    m'aider à me débarrasser de ce fardeau !
    Siya vint mais ne réussit pas à l'aider.
    - Et bien ! Dis à des gens de venir !
    Elle appela des gens mais ils ne réussirent pas davantage.
    - Et bien ! Appelle la moitié du village !
    La moitié du village vint mais tout le monde échoua.
    - Appelle tout le village !
    - Le village entier se déplaça mais en vain.
    Hyène resta écrasé sous le poids de l'arbre. Il finit par en mourir.
    Alors l'arbre partit et retourna à sa place.
    Je remets le conte là où je l'ai trouvé."

Dans les veillées, les conteuses ( ce sont surtout les femmes qui content), après avoir fini le conte, explique à l'auditoire captivé les enseignements qu'il a bien voulu donner. Par les contes, le Soninké exalte les bons comportements et les mets en évidence. Donc tout petit, Soninké apprend ce qu'est la morale. La culture Soninké à l'instar des autres cultures africaines a su joindre l'utile au divertissement par le biais des contes. Il y a des contes très amusants, d'autres tristes ou mélancoliques, d'autres sont effrayants.

 


Pour  ajouter un commentaire ou voir ceux déjà postés, cliquez ci-après: [0] 
 


Dites-moi Xaay: signifie « dites-moi de conter ». C'est toujours par cette formule que les conteuses et conteurs commencent leurs récits.

 

Dernière mise à jour le 26/09/2005

Copyright © Diawara.org. Tous droits réservés. Ce site a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le N° 874145  conformément à l'article 27 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique,aux fichiers et aux libertés. Nous contacter