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De plus, les producteurs d'arachides ont été surpris par le démantèlement
des méthodes de commercialisation établies, du aux changements de politique.
Le Gouvernement du Président Wade avait hérité des accords économiques
conclus par son prédécesseur, qui s'était engagé en 1995 à privatiser la
Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS),
bien qu'aucun acheteur n'ait été trouvé à l'époque et que l'entreprise soit
restée entre les mains de l'Etat.
A la suite des changements politiques au Sénégal, le FMI a accentué la
pression pour que le processus de libération s'accélère. Le nouveau
Gouvernement a toutefois privilégié l'action de l'Etat pour stimuler les
revenus des agriculteurs et encourager l'activité économique dans les
campagnes, en partie en développant fortement, par le biais de la SONACOS,
la production d'arachides. Au cours de la saison 2001-2002, la SONACOS a
emprunté massivement pour acheter aux agriculteurs une quantité record de
600 000 tonnes d'arachides à des cours relativement favorables. (La
production de cette année-là avait atteint le niveau sans précédent de plus
d'un million de tonnes, le reste de la production ayant été repris par des
négociants en arachides parallèles appelés bana-bana).
Ces transactions ont injecté des sommes considérables dans les campagnes.
Pour la Sonacos, cependant, cette opération n'était pas viable. Comme le
prix payé aux producteurs d'arachides se situait bien au-delà des cours
mondiaux et comme de très nombreux agriculteurs avaient du mal à rembourser
les prêts consentis par la Sonacos pour acheter des engrais et autres
intrants agricoles, la Sonacos s'est retrouvée criblée de dettes.
Un certain nombre de donateurs du Sénégal ont réagi vivement. En avril
2001, un responsable de l'Union européenne (UE) a prévenu que si la Sonacos
ne libéralisait pas le réseau de distribution des graines d'arachides, cela
risquait de compromettre l'aide octroyée par l'UE à ce pays. En juillet, une
délégation du FMI en visite au Sénégal a exigé que l'Etat cesse de
subventionner la commercialisation des arachides et laisse leurs cours se
rapprocher de ceux pratiqués sur les marchés internationaux. Le mois
suivant, la Sonacos a accepté de réduire le prix payé aux agriculteurs de
145 à 120 CFA le kilo, et de diminuer sensiblement les quantités qu'elle
leur achetait directement. Ces décisions ont indigné de nombreux
producteurs.
En novembre de la même année, une réunion ministérielle a confirmé
l'intention de privatiser la Sonacos en 2003. Dans un premier temps, les
autorités ont démantelé la Société nationale de graines (Sonagraines),
filiale à 100 % de la Sonacos, qui participait activement aux opérations de
ramassage et de transport des arachides des champs des agriculteurs aux
usines de traitement de la Sonacos (qui transforment les arachides en huile
de table). Les autorités espéraient que les opérateurs privés stockeurs (OPS)
rempliraient cette fonction.
Le résultat a été désastreux pour les producteurs d'arachides. Malgré les
acomptes considérables reçus de la Sonacos, une partie des quelque 500 OPS
agréés n'ont pas réussi à organiser l'acheminement des arachides à partir
des lieux de production. Parmi les OPS qui ont assuré le ramassage des noix,
bon nombre ont réglé les agriculteurs en coupons, pas en espèce ; des mois
plus tard, de nombreux producteurs n'ont toujours pas été payés. Ce manque à
gagner les a empêchés de se procurer des graines ou de l'engrais en
prévision de la prochaine saison des semences, de rembourser leurs dettes ou
d'acheter de la nourriture ou autres articles essentiels.
Tandis que des groupes d'agriculteurs commençaient à ériger des
barricades sur les routes nationales du pays en guise de protestation, le
CNCR et d'autres associations d'agriculteurs ont durci leurs positions.
Beaucoup ont mis en cause le changement d'orientation politique du
Gouvernement. "L'un des gros problèmes auquel est confronté le secteur
agricole est la libéralisation massive de notre économie", a affirmé Samba
Guèye, secrétaire général du CNCR.
D'autres ont dénoncé le faible cours des arachides, du coton et d'autres
exportations agricoles sénégalaises sur les marchés internationaux. Le
Sénégal occupe la deuxième place dans le monde sur le marché des arachides,
après les Etats-Unis. Mais, comme le souligne Serigne Amadou Camara,
responsable de la gestion des entreprises d'Etat , "notre principal
concurrent, les Etats-Unis, subventionne ses prix. Nous n'avons pas les
moyens de nous y opposer".
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Problèmes
récurrents, demi solutions |
En août 2002, les autorités ont finalement commencé à réagir. Considérées
dans leur ensemble, leurs initiatives vont toujours dans le sens d'une
libéralisation du marché et de la promotion du secteur privé, mais une place
plus importante est accordée désormais aux investissements publics en
infrastructures rurales et aux programmes publics visant à protéger les
agriculteurs des aléas du marché et du climat. Le Président Wade a réaffirmé
à diverses reprises le besoin de "moderniser" l'agriculture sous-développée
et à faibles intrants de son pays, en vue de faire des "paysans" de
subsistance du Sénégal des "fermiers" à l'écoute des marchés, capables de
produire plus sur le plan national et international.
Parmi les autres mesures annoncées par le Président, certaines visent à
remédier sans tarder à la pénurie alimentaire, alors que d'autres ont des
implications à plus long terme en matière de développement. En voici
quelques-unes :
l'octroi d'importants secours à court terme, financés directement
par l'Etat et destinés à aider les victimes des inondations et de la
sécheresse. La distribution de l'aide est placée sous la responsabilité
d'un comité de contrôle de haut niveau composé de responsables
d'associations d'agriculteurs, de personnalités des médias et de
représentants des partis politiques.
la constitution de réserves locales de céréales, permettant
d'accélérer les interventions d'urgence face aux pénuries alimentaires,
dans les 11 régions du Sénégal.
a promotion plus active de la diversification agricole, pour mettre
un terme à la "tyrannie de la monoculture", selon la formule du Président Wade. Au niveau national, d'importantes mesures ont déjà été prises pour
encourager davantage la production du coton, du sésame, du soja, du
tournesol, du riz et d'autres produits alimentaires et d'exportation, de
manière à réduire la dépendance de l'économie vis à vis des arachides.
Dans les champs, une production agricole plus variée devrait offrir une
plus grande marge de manoeuvre aux agriculteurs et mieux les protéger
contre les fluctuations du marché et du climat.
La
culture céréalière au Sénégal (mil et maïs).
La
culture de l'arachide au Sénégal.
La culture de l'arachide: les dificultés.
La pêche artisanale, industrielle et sportive au
Sénégal.
Le tourisme au
Sénégal: généralités.
Tourisme au Sénégal: la demande.
Tourisme au Sénégal: l'offre.
Tourisme au Sénégal: les
statistiques.
Tourisme au Sénégal: les freins.
Le
parc national Niokolo Koba de la région de Tamba.
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