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L'agriculture
de l'arachide |
La culture de l'arachide est très ancienne au
Sénégal. Au début, elle était destinée à la consommation locale. Une partie de
l'arachide des champs ainsi récoltée était destinée à la production artisanale
d'huile et servait aussi dans la fabrication de savons traditionnels. Avec la
colonisation, la culture arachidière s'intensifie et se destine à l'exportation.
Actuellement, la culture de l'arachide occupe presque entièrement le
Sine-Saloum, les région de Diourbel, Louga et Thiès. Malgré un cycle de
sécheresse, le Sénégal a connu une pluviométrie très favorable en 2002 et en
2003. En 2002, le pays a fait une récolte record de 1,2 millions de tonnes
d'arachide. Ceci représente peu près le double de la moyenne annuelle des années
1990. Ceci est d'autant plus important que le Sénégal est le premier pays
producteur d'huile d'arachide au monde.
La
crise de ce secteur est accentuée quand le FMI en juillet 2001 a exigé du
Sénégal, la privatisation de la SONACOS (la SOciété NAtionale de
Commercialisation des Oléagineux du Sénégal). Le mois
suivant, la SONACOS a accepté de réduire le prix payé aux agriculteurs et
de diminuer sensiblement les quantités qu’elle leur achetait directement. Ces
décisions ont indigné de nombreux producteurs. En novembre de la même année, une
réunion ministérielle a confirmé l’intention de privatiser la SONACOS en
2003. Dans un premier temps, les autorités ont démantelé la Société nationale de
graines(Sonagraines), filiale à 100 % de la SONACOS, qui participait activement
aux opérations de ramassage et de transport des arachides des champs des
agriculteurs aux usines de traitement de la SONACOS (qui transforment les
arachides en huile de table). Les autorités espéraient que les opérateurs privés
stockeurs (OPS) rempliraient cette fonction. Le résultat a été désastreux pour
les producteurs d’arachides. Malgré les acomptes considérables reçus de la SONACOS, une partie des quelque 500 OPS agréés n’ont pas réussi à organiser
l’acheminement des arachides à partir des lieux de production. Parmi les OPS qui
ont assuré le ramassage des noix, bon nombre ont réglé les agriculteurs en
coupons, pas en espèce ; des mois plus tard, de nombreux producteurs n’ont
toujours pas été payés. Ce manque à gagner les a empêchés de se procurer des
graines ou de l’engrais en prévision de la prochaine saison des semences, de
rembourser leurs dettes ou d’acheter de la nourriture ou autres articles
essentiels. Pour la première fois dans l'histoire du
Sénégal, des dizaines de milliers d'agriculteurs des quatre coins du pays ont
manifesté le 26 janvier dans la capitale pour exprimer leurs doléances et leur
colère. En convergeant vers le plus grand stade de Dakar, ils ont réclamé des
politiques susceptibles d'accroître leurs récoltes, de stimuler leurs revenus,
de réduire la pauvreté rurale et de les faire sortir de leur condition de
"citoyens de deuxième catégorie". Ils ont ainsi brisé l'image du paysan timoré
et passif qu'on leur attribuait généralement dans les villes. "Les agriculteurs
se mobilisent plus que jamais pour l'amélioration de leurs conditions de vie",
explique le Président de la plus
importante association nationale d'agriculteurs, le Conseil national de
concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Le Conseil a soumis aux autorités un "Manifeste des agriculteurs". Le
texte souligne que la productivité agricole demeure très faible et que la
plupart des agriculteurs vivent en deçà du seuil national de pauvreté : "Le
secteur agricole est en crise depuis la fin des années 70, et cette
situation a contribué à la paupérisation des populations rurales et à
l'insécurité alimentaire dans ces régions." Réitérant la volonté de changer
cette situation, le Manifeste du CNCR lance un appel à la solidarité de
toutes les catégories sociales du Sénégal et invite les autorités à entamer
des pourparlers avec les agriculteurs pour trouver des solutions à long
terme.
Intervenant lors de la manifestation, le Ministre de l'agriculture Habib
Sy s'est engagé à faire part personnellement au Président Abdoulaye Wade des
préoccupations des manifestants. Il a également affirmé que le Gouvernement
était ouvert au dialogue et a énuméré les mesures déjà adoptées dans ce
sens. Cet engagement a été bien accueilli par de nombreux agriculteurs, qui
s'interrogent toutefois sur son ampleur.
En effet, quelques mois plus tôt seulement, le Président Wade avait
promis d'envisager des mesures systématiques à long terme destinées à
"moderniser" le secteur agricole du Sénégal. Ces promesses de placer le sort
des paysans au coeur du débat politique arrivaient toutefois plus de deux
ans après l'entrée en fonction de son Gouvernement, et faisaient suite à
plusieurs années successives de récoltes insuffisantes et à la
généralisation de la famine dans les campagnes.
Ce débat ne fait que commencer, et il n'existe aucune solution simple. La
transformation de l'agriculture à faible rendement du Sénégal en un secteur
dynamique et productif, susceptible d'améliorer le niveau de vie des
villageois et de renforcer la sécurité alimentaire des campagnes, se heurte
à des obstacles complexes : l'indigence des agriculteurs eux-mêmes, le
niveau insuffisant des capitaux publics investis dans les zones rurales,
l'accès restreint à l'eau, la dégradation de l'environnement, les pressions
exercées par les institutions financières extérieures en faveur d'une
libéralisation accélérée et les conditions défavorables auxquelles se
heurtent les exportations agricoles sénégalaises sur les marchés
internationaux.
De plus, les producteurs d'arachides ont été surpris par le démantèlement
des méthodes de commercialisation établies, du aux changements de politique.
Le Gouvernement du Président Wade avait hérité des accords économiques
conclus par son prédécesseur, qui s'était engagé en 1995 à privatiser la
Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS),
bien qu'aucun acheteur n'ait été trouvé à l'époque et que l'entreprise soit
restée entre les mains de l'Etat.
A la suite des changements politiques au Sénégal, le FMI a accentué la
pression pour que le processus de libération s'accélère. Le nouveau
Gouvernement a toutefois privilégié l'action de l'Etat pour stimuler les
revenus des agriculteurs et encourager l'activité économique dans les
campagnes, en partie en développant fortement, par le biais de la
SONACOS,
la production d'arachides. Au cours de la saison 2001-2002, la
SONACOS a
emprunté massivement pour acheter aux agriculteurs une quantité record de
600 000 tonnes d'arachides à des cours relativement favorables. (La
production de cette année-là avait atteint le niveau sans précédent de plus
d'un million de tonnes, le reste de la production ayant été repris par des
négociants en arachides parallèles appelés bana-bana).
Ces transactions ont injecté des sommes considérables dans les campagnes.
Pour la SONACOS cependant, cette opération n'était pas viable. Comme le
prix payé aux producteurs d'arachides se situait bien au-delà des cours
mondiaux et comme de très nombreux agriculteurs avaient du mal à rembourser
les prêts consentis par la SONACOSpour acheter des engrais et autres
intrants agricoles, la SONACOS s'est retrouvée criblée de dettes.
Un certain nombre de donateurs du Sénégal ont réagi vivement. En avril
2001, un responsable de l'Union européenne (UE) a prévenu que si la
SONACOS
ne libéralisait pas le réseau de distribution des graines d'arachides, cela
risquait de compromettre l'aide octroyée par l'UE à ce pays. En juillet, une
délégation du FMI en visite au Sénégal a exigé que l'Etat cesse de
subventionner la commercialisation des arachides et laisse leurs cours se
rapprocher de ceux pratiqués sur les marchés internationaux. Le mois
suivant, la SONACOS a accepté de réduire le prix payé aux agriculteurs de
145 à 120 CFA le kilo, et de diminuer sensiblement les quantités qu'elle
leur achetait directement. Ces décisions ont indigné de nombreux
producteurs.
En novembre de la même année, une réunion ministérielle a confirmé
l'intention de privatiser la SONACOS en 2003. Dans un premier temps, les
autorités ont démantelé la Société nationale de graines (Sonagraines),
filiale à 100 % de la SONACOS, qui participait activement aux opérations de
ramassage et de transport des arachides des champs des agriculteurs aux
usines de traitement de la Sonacos (qui transforment les arachides en huile
de table). Les autorités espéraient que les opérateurs privés stockeurs (OPS)
rempliraient cette fonction.
Le résultat a été désastreux pour les producteurs d'arachides. Malgré les
acomptes considérables reçus de la Sonacos, une partie des quelque 500 OPS
agréés n'ont pas réussi à organiser l'acheminement des arachides à partir
des lieux de production. Parmi les OPS qui ont assuré le ramassage des noix,
bon nombre ont réglé les agriculteurs en coupons, pas en espèce ; des mois
plus tard, de nombreux producteurs n'ont toujours pas été payés. Ce manque à
gagner les a empêchés de se procurer des graines ou de l'engrais en
prévision de la prochaine saison des semences, de rembourser leurs dettes ou
d'acheter de la nourriture ou autres articles essentiels.
Tandis que des groupes d'agriculteurs commençaient à ériger des
barricades sur les routes nationales du pays en guise de protestation, le
CNCR et d'autres associations d'agriculteurs ont durci leurs positions.
Beaucoup ont mis en cause le changement d'orientation politique du
Gouvernement. "L'un des gros problèmes auquel est confronté le secteur
agricole est la libéralisation massive de notre économie", a affirmé Samba
Guèye, secrétaire général du CNCR.
D'autres ont dénoncé le faible cours des arachides, du coton et d'autres
exportations agricoles sénégalaises sur les marchés internationaux. Le
Sénégal occupe la deuxième place dans le monde sur le marché des arachides,
après les Etats-Unis. Mais, comme le souligne Serigne Amadou Camara,
responsable de la gestion des entreprises d'Etat , "notre principal
concurrent, les Etats-Unis, subventionne ses prix. Nous n'avons pas les
moyens de nous y opposer".
La
culture céréalière au Sénégal (mil et maïs).
La
culture de l'arachide au Sénégal.
La culture de l'arachide: les difficultés.
La pêche artisanale, industrielle et sportive au
Sénégal.
Le tourisme au
Sénégal: généralités.
Tourisme au Sénégal: la demande.
Tourisme au Sénégal: l'offre.
Tourisme au Sénégal: les
statistiques.
Tourisme au Sénégal: les freins.
Le
parc national Niokolo Koba de la région de Tamba.
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