Vendredi 8 Août 2008  

La culture céréalière au Sénégal

Diawara

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 L'agriculture au Sénégal

Le Sénégal demeure un pays où les deux tiers de la population vivent de l'agriculture qui reste  un secteur clé pour le développement du pays. Le Sénégal compte encore quelques 437.000 exploitations agricoles qui cultivent 1.900.000 ha. Malgré le nombre de paysans et d'agriculteurs, ce secteur n'arrive pas à faire vire le pays. Les cultures sont aussi diversifiées que la population. Néanmoins la culture du mil reste dominante dans le pays avec plus de 600 000 tonnes en 2002 suivi de loin du riz avec 150 000 tonnes. La culture du maïs occupe encore une place privilégiée avec ses 100 000 tonnes.

 Production de céréales

Production céréalière au Sénégal

Malgré ces efforts, le pays n'a pas encore atteint son autosuffisance alimentaire. Il y a encore quelques dizaines d'années, l'alimentation de base des Sénégalais étaient le mil. Mais depuis quelques années, le riz a pris la place du mil. Et comme le pays est déficitaire en production de riz, l'état est obligé d'importer de grandes quantités afin de combler le déficit. Rien qu'en 2002, le Sénégal a importé plus de 250 000 tonnes de riz...

 

 La culture du mil et du maïs

Bien que le riz soit en train de devenir l'aliment de base au Sénégal, le mil et le Maïs restent les les produits les plus cultivés. Le mil et le maïs sont cultivés sur l'ensemble du territoire. Ils sont cultivés majoritairement dans la région de Tamba, Saint-Louis et dans le pays Sérère. Par exemple, le mil est et reste l'aliment de base des Soninké. A Diawara, la culture du mil et du maïs représentent 95% des cultures. Les champs se présentent en général sous formes de grands rectangles où toute la famille les travaillent. Ces cultures restent encore majoritairement paysannes où les récoltes sont destinés à l'alimentation de la communauté. On voit de temps en temps, l'apparition de charrues tirés par par des chevaux et quelquefois des batteuses. Les instruments traditionnels pour la culture sont la houe et le hilaire. Depuis toujours, les méthodes de culture pratiquées dans les quelque 440 000 exploitations du pays sont très simples, la plupart des agriculteurs se contentant de cultiver leurs modestes lopins au moyen de simples outils manuels, sans pratiquement aucun engrais ou aide extérieure autre que les précipitations. Depuis toujours, les méthodes de culture pratiquées dans les quelque 440 000 exploitations du pays sont très simples, la plupart des agriculteurs se contentant de cultiver leurs modestes lopins au moyen de simples outils manuels, sans pratiquement aucun engrais ou aide extérieure autre que les précipitations.

 

 Un champ de mil à Diawara


 Problèmes récurrents...


 Les problèmes qui se posent aux agriculteurs sénégalais ne datent pas d'hier, et touchent à la fois les cultivateurs de produits vivriers et les producteurs de cultures commerciales, en particulier d'arachides. Depuis toujours, les méthodes de culture pratiquées dans les quelque 440 000 exploitations du pays sont très simples, la plupart des agriculteurs se contentant de cultiver leurs modestes lopins au moyen de simples outils manuels, sans pratiquement aucun engrais ou aide extérieure autre que les précipitations.

Bien que le secteur agricole fasse vivre environ 60 % de la population sénégalaise et représente 18 % du produit intérieur brut, il ne bénéficie que de 10 % de la totalité des investissements de l'Etat. Pendant plusieurs dizaines d'années, y compris du temps de la colonisation française, le secteur des arachides s'est taillé la part du lion du financement agricole public. En effet, depuis l'indépendance de 1960, presque toute la formation technique, les subventions et les services de vulgarisation agricole fournis par l'État ont été axés sur la production d'arachides.

Cette mobilisation de moyens n'a toutefois pas permis d'améliorer considérablement les conditions de vie dans les zones rurales, même dans les principales régions productrices d'arachides. La plupart des villages manquent d'eau potable ou d'électricité. Dans de nombreuses régions, le sol s'est érodé ou acidifié. Des vagues de sécheresse successives ont frappé très durement ces régions à la fin des années 70 et au début des années 80, aggravant la dégradation de l'environnement et la paupérisation des villages.

Vers le milieu des années 80, le Gouvernement sénégalais a commencé à adopter de nouvelles politiques économiques à la demande du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ces politiques ont eu pour effet d'éliminer des services de vulgarisation agricole et de supprimer progressivement les subventions d'engrais. Trop pauvres pour acheter comptant les engrais dont ils avaient besoin, de nombreux paysans ont dû emprunter de l'argent au début de la saison des semailles, mais se sont retrouvés lourdement endettés lorsque les précipitations ont été insuffisantes ou que le cours de leurs produits a plongé subitement.

Au cours des cinq dernières années, l'utilisation d'engrais dans la culture des arachides a enregistré un nouveau repli, passant de 45 500 tonnes pendant la saison 1997-98 à seulement 25 000 tonnes en 2001-2002. Les rendements ont reculé dans les mêmes proportions, entraînant dans leur chute les revenus des agriculteurs. "Pour nous, la vente d'arachides est l'unique source de revenu", explique Ali Mballo, agriculteur.

Selon le Rapport national sur le développement humain 2001 du Sénégal du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), environ 85 % de la population rurale de ce pays vit en-dessous du seuil de pauvreté, taux sensiblement supérieur à la moyenne de 60 % pour l'ensemble de la population sénégalaise.


 La sécheresse épuise les réserves

Le mécontentement provoqué par ces conditions a incité de nombreux électeurs des campagnes à abandonner le parti longtemps au pouvoir en faveur de la coalition d'opposition d'Abdoulaye Wade, qui a promis un "sopi" radical ("changement" en wolof). Au pouvoir depuis peu, le nouveau Gouvernement a déjà présenté de nombreuses réformes, en matière de lutte contre la corruption, d'amélioration des services sociaux de base et de renforcement du système démocratique du Sénégal. Le Président Wade s'est avéré être l'un des principaux promoteurs et artisans de la stratégie de développement du continent, le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique.

Bon nombre de ces changements n'ont toutefois pas eu d'effets dans les campagnes. Pis encore, les premières années de cette décennie ont été marquées par des précipitations insuffisantes. Ces conditions ont contribué à une diminution constante de la production céréalière du pays, qui est passée de plus de 1,2 million de tonnes de millet, de sorgho, de riz et de maïs au cours de la saison agricole 1999-2000, à seulement 835 000 tonnes en 2002-2003, selon les prévisions du Ministère de l'agriculture publiées en décembre.

Pendant deux ans, de nombreux ménages agricoles ont subsisté en puisant dans leurs réserves de céréales ou en vendant leur cheptel ou autres produits agricoles pour acheter plus de nourriture. Mais en 2002 leur situation s'est fortement détériorée. Dans de nombreux villages, les hangars à grains étaient pratiquement vides. Les pluies abondantes qui se sont abattues subitement sur le nord du Sénégal en janvier ont provoqué de graves inondations, qui ont détruit les cultures et causé la mort de plusieurs dizaines de personnes et de plus de 100 000 têtes de bétail. De surcroît, les premières précipitations de la saison de pousse de 2002-2003, prévues pour juin, ne sont arrivées qu'en août dans les principales régions productrices d'arachides et de céréales. Ces conditions climatiques défavorables, aggravées par une production agricole déjà très insuffisante, ont conduit à une situation de quasi-famine dans la plupart des campagnes du pays.

 Libéralisation sauvage

De plus, les producteurs d'arachides ont été surpris par le démantèlement des méthodes de commercialisation établies, du aux changements de politique. Le Gouvernement du Président Wade avait hérité des accords économiques conclus par son prédécesseur, qui s'était engagé en 1995 à privatiser la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), bien qu'aucun acheteur n'ait été trouvé à l'époque et que l'entreprise soit restée entre les mains de l'Etat.

A la suite des changements politiques au Sénégal, le FMI a accentué la pression pour que le processus de libération s'accélère. Le nouveau Gouvernement a toutefois privilégié l'action de l'Etat pour stimuler les revenus des agriculteurs et encourager l'activité économique dans les campagnes, en partie en développant fortement, par le biais de la Sonacos, la production d'arachides. Au cours de la saison 2001-2002, la Sonacos a emprunté massivement pour acheter aux agriculteurs une quantité record de 600 000 tonnes d'arachides à des cours relativement favorables. (La production de cette année-là avait atteint le niveau sans précédent de plus d'un million de tonnes, le reste de la production ayant été repris par des négociants en arachides parallèles appelés bana-bana).

Ces transactions ont injecté des sommes considérables dans les campagnes. Pour la Sonacos, cependant, cette opération n'était pas viable. Comme le prix payé aux producteurs d'arachides se situait bien au-delà des cours mondiaux et comme de très nombreux agriculteurs avaient du mal à rembourser les prêts consentis par la Sonacos pour acheter des engrais et autres intrants agricoles, la Sonacos s'est retrouvée criblée de dettes.

Un certain nombre de donateurs du Sénégal ont réagi vivement. En avril 2001, un responsable de l'Union européenne (UE) a prévenu que si la Sonacos ne libéralisait pas le réseau de distribution des graines d'arachides, cela risquait de compromettre l'aide octroyée par l'UE à ce pays. En juillet, une délégation du FMI en visite au Sénégal a exigé que l'Etat cesse de subventionner la commercialisation des arachides et laisse leurs cours se rapprocher de ceux pratiqués sur les marchés internationaux. Le mois suivant, la Sonacos a accepté de réduire le prix payé aux agriculteurs de 145 à 120 CFA le kilo, et de diminuer sensiblement les quantités qu'elle leur achetait directement. Ces décisions ont indigné de nombreux producteurs.

En novembre de la même année, une réunion ministérielle a confirmé l'intention de privatiser la Sonacos en 2003. Dans un premier temps, les autorités ont démantelé la Société nationale de graines (Sonagraines), filiale à 100 % de la Sonacos, qui participait activement aux opérations de ramassage et de transport des arachides des champs des agriculteurs aux usines de traitement de la Sonacos (qui transforment les arachides en huile de table). Les autorités espéraient que les opérateurs privés stockeurs (OPS) rempliraient cette fonction.

Le résultat a été désastreux pour les producteurs d'arachides. Malgré les acomptes considérables reçus de la Sonacos, une partie des quelque 500 OPS agréés n'ont pas réussi à organiser l'acheminement des arachides à partir des lieux de production. Parmi les OPS qui ont assuré le ramassage des noix, bon nombre ont réglé les agriculteurs en coupons, pas en espèce ; des mois plus tard, de nombreux producteurs n'ont toujours pas été payés. Ce manque à gagner les a empêchés de se procurer des graines ou de l'engrais en prévision de la prochaine saison des semences, de rembourser leurs dettes ou d'acheter de la nourriture ou autres articles essentiels.

Tandis que des groupes d'agriculteurs commençaient à ériger des barricades sur les routes  du pays en guise de protestation, le CNCR et d'autres associations d'agriculteurs ont durci leurs positions. Beaucoup ont mis en cause le changement d'orientation politique du Gouvernement. "L'un des gros problèmes auquel est confronté le secteur agricole est la libéralisation massive de notre économie", a affirmé S. Guèye, secrétaire général du CNCR.

D'autres ont dénoncé le faible cours des arachides, du coton et d'autres exportations agricoles sénégalaises sur les marchés internationaux. Le Sénégal occupe la deuxième place dans le monde sur le marché des arachides, après les Etats-Unis. Mais, comme le souligne Serigne Amadou Camara, responsable de la gestion des entreprises d'Etat , "notre principal concurrent, les Etats-Unis, subventionne ses prix. Nous n'avons pas les moyens de nous y opposer".

La culture céréalière au Sénégal (mil et maïs).
La culture de l'arachide au Sénégal.
La culture de l'arachide: les dificultés.
La pêche artisanale, industrielle et sportive au Sénégal.
Le tourisme au Sénégal: généralités.
Tourisme au Sénégal: la demande.
Tourisme au Sénégal: l'offre.
Tourisme au Sénégal: les statistiques.
Tourisme au Sénégal: les freins.
Le parc national Niokolo Koba de la région de Tamba.

Dernière mise à jour le 26/09/2005

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