Diouf, candidat à la mairie de Marseille : « J’avais le devoir d’y aller »

Diouf, candidat à la mairie de Marseille : « J’avais le devoir d’y aller »

Hier, pour « rendre à la ville » ce qu’elle lui a donné, l’ancien président de l’OM a annoncé sa candidature à la mairie

Sa décision était attendue. Elle est tombée, hier soir, sous la forme d’un entretien exclusif accordé à La Provence. Pape Diouf, ancien président de l’OM, a donc décidé de se lancer dans la bataille des municipales à la tête d’une liste ouverte à des personnalités de la société civile — classées à droite comme à gauche — de militants associatifs et des représentants marseillais du Modem (Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle). Explications…

Après avoir longuement hésité, vous venez de franchir le pas. Qu’est-ce qui vous a décidé ?
Pape Diouf : Marseille a besoin d’une nouvelle donne, d’une rupture. Elle a besoin d’être recousue sur le plan social. Je dirais même sur tous les plans…Je ne suis pas candidat sur les bases d’une ambition personnelle. Mais uniquement dans une démarche citoyenne. Il est temps de faire bouger les choses et de ne plus en rester en mots. Marseille doit être une cité ouverte, ou tout un chacun doit pouvoir vivre en paix, dans la concorde. Ce qui n’est plus le cas…

Qu’est-ce qui vous laisse penser que vous pouvez incarner cette rupture ?
P.D. : Quand on a un devoir, on va au bout. Et moi, j’ai le devoir de rendre à cette ville ce qu’elle m’a donné. Et puis quand on est venu me chercher, beaucoup de gens, venus de tous les horizons, m’ont accordé leur confiance. En pensant que je pouvais tenir ce rôle de conciliateur et de réconciliateur. Que je pourrais fédérer un large rassemblement de talents qui ne tiennent pas compte des idéologies. Je parle là d’une force qui n’existerait que pour donner à Marseille une nouvelle allure. Et permettre à cette ville que j’aime, dont j’aime les habitants, de retrouver la place qui est la sienne. Une position quelle n’aurait jamais dû quitter.

N’avez-vous pas l’impression de partir tard…
P.D. : Je peux comprendre qu’on me pose cette question. Mais je ne me la pose pas. Je ne suis pas dans un temps politique. Je n’ai pas de carrière à mener. La seule chose qui m’importe, ce sont mes convictions. Celle que Marseille doit reprendre son développement économique. Mais aussi, éradiquer la violence, qui est devenue le seul thème dont on parle à son sujet.

Vous n’avez jamais caché votre sensibilité de gauche. Ne craignez-vous pas que cette candidature de division empêche la ville de basculer ?
P.D. : Pour qui part de l’idée qu’une élection est forcément un combat qui oppose gauche et droite, ce type de considération existe. Moi, je pars du principe qu’un lampadaire qui ne marche pas et doit être réparé, ce n’est ni de gauche ni de droite. Je pars de l’idée que de donner à une école des structures minimum pour permettre aux élèves d’assumer une scolarité normale, ce n’est pas lié à un camp.

Il se dit que François Hollande, qui vous a reçu hier, a tenté de vous faire changer d’avis. 
P.D. : Je l’ai rencontré, par courtoisie. Il pensait que cette candidature pourrait provoquer une division. Mais quand je lui ai expliqué que je ne me situais justement pas dans cette perspective de gauche et de droite, mais dans la seule perspective de Marseille et des Marseillais, il a parfaitement compris.

On évoque sur votre liste des élus Modem, des militants associatifs, des anciens soutiens de Jean-Claude Gaudin ou du PS… N’y a-t-il pas un côté fourre-tout ? Et qui va vraiment vous suivre ?
P.D. : Les étiquettes m’importent peu. Et ça me gêne de mettre des noms en avant par rapport à d’autres… Je peux vous dire une chose : on va rassembler énormément de compétences, pour essayer de changer Marseille. On aura des gens qui, en matière d’urbanismes, de transport, de jeunesse, de culture, ont une vision qui dépasse largement les organisations politiques classiques. L’essentiel doit être leur souci de l’avenir de Marseille et du bien collectif. La liste est ouverte, sans aucune autre restriction.

Dans quel secteur comptez-vous vous présenter ?
P.D. : J’ai mon idée. Mais il faut d’abord que j’en parle avec les gens qui veulent m’accompagner dans cette noble aventure.

Quel score escomptez-vous ?
P.D. : Si je dois faire 3 % mais que j’arrive à mettre un formidable coup de pieds dans la fourmilière, qui permette de changer les choses en profondeur, je signe aujourd’hui. Si à l’inverse je fais 20 % mais pour que tout reste en l’état, je retournerais d’où je viens. Ici, le parti le plus important, c’est celui des abstentionnistes. Cela indique que les gens n’ont plus envie d’être menés en bateau. J’ai prouvé par le passé que j’avais pour habitude de dire ce que je ferai et de faire ce que j’ai dit.

Dans votre candidature, n’y a-t-il pas une dimension symbolique ? Devenir le premier maire de couleur d’une grande ville après avoir été le premier président noir d’un grand club de foot…
P.D. : Je ne me situe jamais dans des logiques communautaristes. Quand il s’est agi de gérer les affaires de l’OM, les gens ont pensé que ma couleur de peau n’était pas un problème. J’ai été adopté par Marseille et les Marseillais. Maintenant, si le fait d’être noir parvient à montrer à la population qu’on peut vivre tous ensemble, et porter ensemble Marseille au pinacle, oui, je m’en féliciterai.

Source : laprovence.com

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