Le génial réalisateur japonais Hayao Miyazaki en 10 films clés

Le génial réalisateur japonais Hayao Miyazaki en 10 films clés

 

Aujourd’hui sort Le vent se lève, ultime chef-d’œuvre du réalisateur Hayao Miyazaki. A 73 ans, celui qu’on compare souvent à un Walt Disney à la sauce nipponne tire sa révérence en nous livrant un final de toute beauté. L’occasion de revenir sur les 10 plus grands films qui ont marqué sa carrière, tous porteurs d’un message subliminal.

Le château de Cagliostro: une histoire de courage et d’amitié

C’est l’histoire de Lupin (clin d’œil à Arsène), cambrioleur virtuose, qui, avec son acolyte Jingen, dévalise un casino. Malheureusement, les billets volés sont des faux et les deux complices partent sur la piste des faussaires. Leur enquête les mène à Cagliostro, une principauté dont le comte semble être à l’origine de cette fabrication frauduleuse. Là-bas, ils font la connaissance d’une princesse, rapidement capturée par le cupide maître des lieux. Ils mettront alors tout en œuvre pour la libérer, vivant ainsi de multiples péripéties. Adepte des duos, Hayao Miyazaki donne ici à voir une jolie histoire d’amitié avec ces deux compagnons hauts en couleur. Un bonheur qu’il vivra aussi dans sa vie puisque c’est à l’occasion de ce film que le réalisateur rencontre le jeune reporter Toshio Suzuki, son futur ami et collaborateur. Pourtant, à cette époque-là, leur amitié avait mal démarré puisque Hayao refusait même d’être pris en photo avec Suzuki.

Princesse Mononoké et Nausicaä de la vallée du vent: hymnes à la nature

La relation de l’Homme à la nature et l’écologie font partie des thèmes de prédilection d’Hayao Miyazaki. C’est d’ailleurs une visite dans l’ancienne forêt de Yakushima qui a donné au réalisateur l’inspiration nécessaire pour donner au film Princesse Mononoké sa forme finale. Un drame historique japonais traditionnel (aussi appelé jidaigeki) qui contient une importante part de magie et de philosophie, toutes deux mises au service d’un sujet grave et pesant. En effet, Miyazaki relate dans ces deux films le conflit entre les esprits de la forêt et les hommes. Des références religieuses disséminées ça et là apportent également un côté mythique. On peut citer en exemple le Dieu Cerf, dans Princesse Mononoké, comme étant une allégorie de la nature revêtant une symbolique poétique de la vie et de la mort. Bref, ces deux œuvres touchent au sublime et donnent à réfléchir sur la portée de nos actes. “Les adultes ne devraient pas imposer leur vision du monde aux enfants”, avait-il exprimé avant de se positionner, en juin 2011, suite à l’accident de la centrale de Fukushima touchée par le tsunami, contre le recours à l’énergie nucléaire.

Le voyage de Chihiro: une critique de la société de consommation

C’est dans ce conte sombre et poétique que Hayao Miyazaki a révélé toute la portée de son imaginaire. Toute l’histoire se déroule dans un univers parallèle au nôtre, et plus précisément dans un établissement de bains publics peuplé de spectres et d’êtres surnaturels, d’hommes grenouilles et d’humains transformés en porcs. Un huit clos qui n’est autre que le reflet global de la société moderne. Pour preuve, la grosse sorcière Yubaba, tyrannique et avide d’argent, n’est autre que le portrait caricatural du patronat, et les hommes-grenouilles ses esclaves dociles et un peu abrutis. Quant au père de Chihiro, une petite fille débrouillarde, il pense que son argent le protège, pouvant même faire oublier son sans-gêne, ce qui lui vaudra pourtant de finir changé en cochon; tout comme la créature “sans visage” qui souhaite acheter l’amour de Chihiro avec de l’or. En un mot, Le Voyage de Chihiro n’est autre qu’un puissant blâme et condamne autant l’hyperconsommation qu’une société corrompue par l’argent.

Mon voisin Totoro et Le château dans le ciel: une autobiographie

Ce n’est pas pour rien que Totoro, à mi-chemin entre l’ours, le chat et la souris, est devenu la mascotte des studios Ghibli –fondés en 1985 par Hayao Miyazaki. En effet, cette créature terriblement attachante ne serait autre que le miroir de son créateur. D’abord, la période à laquelle se déroule le film est exactement celle que le réalisateur a vécu dans son enfance. En effet, il a grandi dans les environs de Tokyo et se souvient parfaitement des paysages ruraux décrits dans son film. Lien encore plus personnel entre sa vie et son film,le personnage de la mère malade, puisque la sienne était atteinte de la tuberculose. De même, l’hôpital de Shichikokuyama dans lequel son personnage séjourne existe bel et bien dans la réalité. Mon voisin Totoro est donc une version d’Alice au pays des merveilles empreinte de souvenirs intimes, ce qui est d’autant plus touchant. Le réalisateur rendra un autre hommage à sa mère dans Le château dans le ciel au travers du personnage de la vieille femme Dora, dont semble-t-il la personnalité se rapproche.

Kiki la petite sorcière et Ponyo sur la falaise, ode aux femmes et à l’innoncence

Selon son ami Suzuki : «Miyazaki est un féministe. En tant que féministe, il est convaincu que les sociétés valorisant les femmes réussissent mieux. » Et cette admiration pour la gent féminine, le réalisateur l’a souvent prouvée en donnant aux femmes le rôle de personnages principaux et les dotant d’un fort caractère. Mais aussi de douceur et de candeur comme Kiki et Ponyo.

La première, enthousiaste et sociable, a 13 ans. Elle découvre son indépendance en quittant pour un an la maison de ses parents. Une odyssée délicate qui ne galvaude pas les bons sentiments mais met en avant des qualités comme la gentillesse et la joie de vivre. La transmission et les liens filiaux sont également abordés dans ce film.

Ponyo, elle, est une  petite fille poisson rouge, curieuse, rêveuse et débordante d’énergie. Un genre de Pinocchio au féminin qui se rebelle contre son père dans un désir d’émancipation et d’expérimentation de la vie terrestre. Bref, un message qui s’adresse, cette fois, plus particulièrement à un jeune public.

Le château ambulant, contre les ravages de la guerre

Hayao Miyazaki fait partie de ses artistes traumatisés par la bombe atomique. Né en 1941, il a vécu la Seconde Guerre mondiale. Voilà pourquoi on retrouve souvent dans ses œuvres des survoleurs et des dirigeables, comme c’est le cas dans Le château ambulant. Le thème martial revient également par le prisme de la forteresse volante. Mais, malgré des sujets parfois durs, l’issue est toujours positive, comme si Hayao était convaincu qu’un jour l’homme arrêterait de se combattre lui-même pour enfin retrouver la paix.

Le vent se lève: à la gloire de mon père

Ce qui est définitivement annoncé comme le dernier chef-d’œuvre de Hayao Miyazaki, Le vent se lève raconte la vie de Jiro, un jeune homme qui rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions, bien que sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote. Une passion pour tout ce qui a trait à l’aérien que le réalisateur doit à son père, Katsuji Miyazaki, directeur d’une entreprise en aéronautique, à qui il fait là un ultime honneur. Laissons-nous donc porter encore une fois sur les ailes de la beauté et de la poésie selon Miyazaki…

 

 

 

 

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