Ces immigrés sénégalais retraités qui refusent de rentrer et qui optent pour la France

Ces immigrés sénégalais retraités qui refusent de rentrer et qui optent pour la France

 

Marié et père de six enfants mineurs, Boubacar Gassama, 66 ans, immigré sénégalais retraité d’une usine de montage automobile a finalement décidé de s’installer définitivement en France.

 Il explique sa décision par le fait qu’il se sent incapable aujourd’hui de retourner vivre dans son village d’origine, dans la région de Tambacounda.
« J’ai 66 ans, marié et père de six enfants mineurs, j’ai opté de m’installer définitivement en France pour non seulement suivre correctement mes traitements médicaux pour ma maladie d’ulcère, mais aussi m’occuper de ma famille », déclare Boubacar Gassama.
Au nombre de la première génération d’immigrés sénégalais en France dont la presque totalité est arrivée à la retraite, Boubacar, comme beaucoup de ses compatriotes, a choisi, après la retraite, en décidant de rester sur place en France.
Les autres, sans doute plus nostalgiques, préfèrent effectuer d’incessants allers et retours entre Paris et Dakar, histoire de ne pas rompre les liens avec le pays d’origine.
« Aujourd’hui, je me sens incapable de vivre normalement dans mon village d’origine. Car, j’ai vécu beaucoup plus en France. Je pense que ma vie est à Paris », indique Mamadou Demba Ndiaye résidant dans un foyer dans le 19ème arrondissement de Paris.
Dans ce foyer, vivent plusieurs générations d’expatriés. Des retraités sénégalais se sont mêmes convertis dans le petit commerce, à l’entrée de l’immeuble afin de tuer le temps. « Je fais ce petit commerce avec l’argent de ma pension de retraite, non seulement pour tuer mon temps mais aussi pour augmenter mon économie afin de pouvoir continuer à envoyer de l’argent au village à ma famille », explique Jules Ndiaye.
D’autres vieux retraités logeant dans ce foyer sont pris en charge par leurs enfants nés en terre française.
« J’habite dans ce foyer après mon divorce, il y a de cela dix ans. Aujourd’hui, bien vrai que je perçois ma pension de retraite, mes enfants m’ont pris en charge en acceptant de payer mon loyer, mon courant, ma bouffe mais aussi mes vêtements ».
Poursuivant ses explications il avance : « en tout cas, c’est une chance pour moi d’avoir des enfants nés ici en France qui viennent en aide à leur vieux père. Voilà pourquoi, n’ayant pas de femme et d’enfants dans mon village d’origine, j’ai choisi de faire le reste de ma vie en terre française ».
Aujourd’hui, ces nouveaux résidents peuplent les foyers sociaux en France. Selon un sondage publié récemment, les immigrés d’Afrique subsaharienne représentent 25 pour cent de la clientèle de certains foyers sociaux. L’âge de ces clients varie entre 55 à 65 ans.
En 2003, cette population approchait les 30 pour cent, avec une proportion de plus de 71 ans d’âge qui va croissant. Selon ce même sondage, les classes d’âges intermédiaires des 36-55 ans étaient en net recul en 2004. L’étude signale que la proportion de salariés vivant dans ces foyers décroît depuis plusieurs années.
Différentes raisons sont généralement avancées qui rendent le retour au pays natal difficile pour tous ces expatriés retraités.
« Vivre plus de 40 ans en France où tout est à portée de main, et où il existe un système social, un système de santé avantageux, cela va certainement marquer la personne », souligne-t-on.
« Et puis, certains parmi eux ont épousé des jeunes femmes africaines et qui, maintenant qu’elles sont en France, ne veulent plus rentrer dans leurs villages d’origine pour rien au monde », explique Djiby Sakho, un retraité âgé de 68 ans.
Dans la société française d’aujourd’hui, la retraite est devenue un facteur d’intégration. Selon une enquête de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, le bénéfice d’une retraite représente un progrès, mais aussi la contrepartie d’une vie de travail et la preuve de sa réussite aussi modeste soit-elle.
Néanmoins, l’intégration totale des retraités sénégalais à la société française constitue un véritable nouveau phénomène qui n’a jamais été envisagé par les pouvoirs publics, encore moins par les immigrés eux-mêmes.

 

 SOURCE

 

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