Sékou Touré le grand panafricaniste

Sékou Touré le grand panafricaniste

 

Dans leur prouesse sans cesse renouvelée, profitant de la célébration du cinquantenaire de l’OUA, les Néo-nostalgiques mentalement colonisés et d’un Féodalisme  à jamais révolu ont envahi les medias pour tenter de réinventer l’Histoire de l’Afrique, en prenant pour cible le Père de la Nation guinéenne et africaine dans une certaine meure.

Mais le vent de l’Histoire dans sa sagesse jamais épuisée par le temps, comme de coutume,  intervient, encore une fois, pour rendre à « Caesar ce qui appartient à Caesar ».

Parmi les grands hommes dont les noms et l’œuvre vivront des siècles, une place d’honneur revient à Ahmed Sékou Touré. Malheureusement, consciemment ou inconsciemment un torrent de haine et de calomnies s’est élevé contre lui.
La critique objective, scientifique étayée par des faits permet de le camper dans son véritable visage : un éminent homme d’état, continuateur de l’œuvre de ses ancêtres : Almamy Samori (mort au Gabon) et Bacary Touré (mort à Madagascar). Ayons pitié de certains intellectuels africains qui pendant très longtemps ont fait de leur opposition à Ahmed Touré un fonds de commerce. Il suffisait de débarquer à Paris, à Dakar ou Abidjan, insulter Ahmed Sékou Touré et obtenir tous les privilèges.

Né sur les bords du fleuve Niger en 1922, cet homme a toujours défendu la dignité africaine. En 1946, âgé de 24 ans, il participe activement à Bamako à la création du Rassemblement Démocratique Africain aux côtés de Félix Houphouët BOIGNY, Madeira KEITA, Fily Dabo Cissokho entre autres.
En 1952, il remplace Madeira KEITA (affecté arbitrairement au Dahomey par l’administration coloniale) à la tête du PDG, section guinéenne du RDA crée en mai 1947 après le congrès de Bamako. Syndicaliste chevronné, ardent défenseur des   intérêts de la classe ouvrière, Maire de Conakry, Député au parlement français, vice-président du Conseil du gouvernement, il parcourt toute la Guinée, voyage partout dans le monde pour diffuser les idéaux de liberté, de démocratie, de solidarité et d’unité des peuples.
En septembre 1958, le peuple de Guinée uni derrière Ahmed Sékou Touré et Saïfoulaye Diallo, vote « NON » au référendum proposé par le Général De Gaulle : 1136324 NON sur 1203 875 votants soit 94,4%(voir Afrique Histoire N 2, 1981, P 24).
Sa perspicacité politique lui permit de saisir cette chance historique pour conduire la Guinée à l’indépendance par le bulletin de vote, donc de manière pacifique faisant ainsi l’économie d’une guerre de libération (l’Indochine et l’Algérie n’avaient pas cette chance).

Ainsi la Guinée obtient son indépendance, la première dans l’Afrique française au Sud du Sahara. Elle ouvrit la voie à toutes les autres : le choix de la Guinée permit aux autres territoires d’Afrique Occidentale Française (AOF) et d’Afrique Equatoriale Française (AEF) d’accéder l’indépendance en 1960.
En 1963, avec Kwamé Nkrumah et Modibo Keita entre autres, Ahmed Sékou Touré propose la création de l’organisation de l’Unité Africaine(OUA) mettant fin ainsi à l’existence des groupes rivaux d’alors : le groupe de Casablanca et le groupe de Monrovia. La date de la création de l’OUA(le 23 mai 1963), le lieu de la création (Addis Abeba), l’ordre du jour et le premier secrétaire général (Diallo Telli) ont été proposé par Ahmed Sékou Touré.
Il a activement contribué à l’émancipation des colonies portugaises en participant à la création et au développement du PAIGC (Parti Africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et des Iles du Cap vert), du Frelimo (Front de libération du Mozambique) du MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola). Son soutien à l’Anc pour l’éradication de l’APARTHEID est incontestable (Nelson Mandela et Tabo Mbéki sont encore en vie. Leur témoignage est éloquent).Il a participé à l’extinction des foyers de tension en Afrique et dans le reste du monde. Il était impliqué dans la résolution de nombreux conflits : Sahara Occidental, Iran/Irak, Mali/Haute volta, problème palestinien…
Avec des difficultés actuelles de notre continent (crise libyenne,  crise malienne, situation en RDC et RCA) on ne peut s’empêcher de penser à Ahmed Sékou Touré car il avait une connaissance réelle des problèmes internationaux et surtout son charisme et son sens élevé de la responsabilité faisaient de lui un interlocuteur crédible au niveau des organisations régionales et sous régionales africaines, à l’organisation des Nations Unies et à l’Organisation de la Conférence Islamique. A la Maison Blanche et à l’Elysée, il était écouté et respecté.

Ahmed Sékou Touré disparait de la scène politique le 26 mars 1984. L’image qu’il a laissée se retrouve à travers l’appréciation formulée sur sa personne par des hommes politiques et des intellectuels de renom :
– Le plus grand défenseur des intérêts de l’Afrique (Houphouët Boigny)
– Un unificateur et un artisan de la paix (Georges Bush)
– Le meilleur interlocuteur de la France en Afrique (François Mitterrand)
– Un grand ami du Sénégal (Abdou Diouf)
–  L’artisan de l’indépendance de la Guinée (Lansana Konté)
– Un humaniste qui a laissé aux Guinéens une nation unie et forte respectée à travers le monde           (Mouhamed Saïd Fofana premier ministre guinéen)
– L’intégrité et le dévouement d’Ahmed Sékou Touré à la cause du peuple ne peuvent être mis en doute (Jean Suret CANALE)
– Sékou Touré est un homme soutenu par une force immense qui est précisément une passion : la passion de l’Afrique (Aimé CESAIRE)
– Homme politique de dimension nationale et internationale (Pr. Sidiki Kobélé Keita)
– Grand panafricaniste, sincère dans la défense de la culture et de l’honneur africain (Bakary Diana Condé, étudiant fac de droit, université Koffi Annan, Conakry)
Je conclus par l’image qu’Ahmed Sékou Touré voudrait qu’on retienne de lui : « un homme simple, qui a été au service de son peuple, de l’Afrique et  de l’humanité qui souffre ».

Il faut apporter à la jeunesse les pages saines de l’Histoire pour barrer la route  aux idéologies du consumérisme et de l’acculturation qui,  graduellement, sont entrain de transformer les africains et leurs espaces de vie, en un ghetto barbare régi par l’individualisme, le culte de l’argent et la quête effrénée d’un matérialisme avilissant, au point  où les enfants d’Afrique arrivent à se désintéresser ou voire même haïr leur propre culture.

SOLEILDAFRIK.INFO

 

 

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