Rencontre : Les populations du département de Bakel dénoncent leur mise à l’écart lors de la rencontre avec les députés Bintou DIAKHO, Samba KOITA et Djimo SOUARE

Rencontre : Les populations du département de Bakel dénoncent leur mise à l’écart lors de la rencontre avec les députés Bintou DIAKHO, Samba KOITA et Djimo SOUARE

De manière ramassée et à bâtons rompus, quelques unes des interventions faites lors de la  « Journée de la rencontre avec les députés ». Les intervenants ont soulevé les nombreux problèmes du département de Bakel. Quelques doléances et autres suggestions portées à la connaissance des députés Samba KOITA, Bintou DIAKHO ( Marraine de l’évènement ) et Djimo SOUARE. 

Samba Soumboulou DIALLO (Manayeli) :

C’est la première fois qu’une telle manifestation ait lieu. Je remercie l’A.R.K. pour cette initiative qui doit être maintenue. Nous, on a besoin des routes car celles qu’on a, datent de 1952 sous l’époque coloniale. Depuis cette année, il n’y en a pas eu. J’avais déjà soulevé cette question à la grande mosquée soninké en leur demandant à qui la faute : à nous ou aux dirigeants, qui nous oublient dès qu’ils sont élus? On leur a toujours donné nos doléances mais ils ne nous rendent jamais  de compte. Le nom de Bakel n’a jamais été prononcé à l’Assemblée Nationale sauf qu’une seule fois : c’était Samba Diouldé THIAM qui l’avait fait. On est fatigués et notre revendication a toujours été ‘’la route’’. C’est nous même qui avons construit des dispensaires, écoles…mais on ne peut pas faire des routes et on demande à l’Etat de le faire mais en vain.

Son camarade :

Il faut que l’Etat sache que nous sommes des sénégalais à part entière. Pourquoi on a organisé des conseils des ministres décentralisés et on a zappé la région de Tamba ?

C’est qui m’étonne dans tout ça, c’est le mutisme des députés de la dite région. Pourquoi ne prennent-ils pas la parole ?

Demba SOUMARE (Chef de  village de Gandé):

Bakel a toujours été derrière et très reculé, ses villages coupés du reste du monde. Dans votre localité, nous avons un collège mais pas des professeurs. La GOANA n’y marche plus. Le poste de santé n’est pas équipé : ni d’infirmier ni de médicament. On souffre. Les rues ne sont pas éclairées. Rassemblons nos jeunes et déléguons-les pour défendre nos intérêts. Qu’ils se réunissent au moins une fois par an pour l’évaluation et le suivi de nos revendications.

Samba yougo

Lassana NDIAYE (Moudery)

C’est la première fois qu’on a réussi à réunir des députés soninkés et leurs populations. Entre Bodié et Moudery, il y a 5km mais pas de route. Entre Bodié et Diawara, il y a un pont qui date des années 62-63 et qui, très restreint, ne peut contenir deux charrettes à la fois. Ce pont, très délabré, constitue un danger pour ses usagers. Quant à l’électricité utilisée pour l’irrigation de la GOANA, elle nous coûte cher : on dépense de 200.000 à 300.000 FCFA pour une récolte de 10 sacs de riz. La revendication commune reste les infrastructures routières : il est anormal qu’on fasse 12heures, au minimum, de route entre Dakar et Bakel. On doit tenir régulièrement cette rencontre.

Mbathia KANTE ( Boundou)

On doit élargir cette rencontre en intégrant toutes les autres associations. Depuis les indépendances, on n’a eu qu’un seul ministre en la personne d’Abdoulaye BATHILY. Il nous faut un ministre car on est délaissés et fatigués. Pourquoi l’absence de la RTS et des autres télévisions ? Elles devaient être là. Cela prouve qu’on n’est pas considérés dans ce pays.

Wally SAKHO (Diawara)

En 50 ans, on n’a eu qu’un seul ministre et 3 députés. Troisième  ville après Gorée et Saint-Louis, le département de Bakel est dépourvu d’infrastructures. Il est plus vaste que toute la région de Thiès, mais oublié par nos autorités étatiques qui investissent beaucoup en Casamance. Les députés ne peuvent que transmettre nos revendications alors que ce sont les ministres qui doivent agir. Notre poste de santé n’est pas équipé : on n’a qu’un infirmier.  Il faut que ce poste de santé soit transformé en hôpital. Levons- nous et faisons de la politique. Soyons derrière nos députés et aidons-les !

Cheikhna CAMARA (Golmy), coordonnateur PS∕France.

Le gouvernement n’a rien fait pour nous. Ce sont nos expatriés qui ont tout fait pour nous. C’est nous-mêmes qui avons construit nos écoles…mais l’Etat ne nous fournit pas des enseignants. Avec nos partenaires  européens notamment allemands, nous avons fait beaucoup de choses pour un budget d’ 1.500.000.000 FCFA : on a implanté des robinets dans des nombreux villages. Il nous reste à le faire à Kounghany, Yafera et Golmy. Tout ça, c’est grâce à nos propres moyens. Je recommande qu’on fasse un projet dont tout le monde bénéficiera : la construction des routes fera l’affaire.

Diaguilly TIMERA (Yafera)

Cet auguste assemblé doit être refaite aux villages. On doit montrer la voie aux députés pour que les réalisations de nos besoins soient effectives. On doit se réunir très souvent pour sortir des bonnes idées. J’encourage l’A.R.K. à continuer à tenir cette rencontre et à être la liaison entre toutes nos associations et nos élus.

 

DJIMONaye DABO ( Dembakani)

J’invite les femmes soninkés à faire de la politique. Ne dites pas que vous ne la ferez pas car vous n’avez pas été à l’école. On peut faire de la politique sans avoir été à l’école. Alors n’attendez rien !

Sada NIANGHANE ( Ballou)

C’est le travail de toute la région de Tambacounda que l’A.R.K. est en train de faire. C’est une bonne initiative. Montons un comité représentatif de chaque village pour qu’il présente nos doléances aux députés car chaque village ne peut avoir son propre comité. 

Mamadou NDIAYE (Bakel)

Mille et  un problèmes : pas de route, ni de médicaments, encore moins de tables bancs, quant aux manuels scolaires, n’en parlons même pas. On doit s’impliquer activement dans la politique.

Mamadou TOUNKARA (Tuabou)

Nous, les jeunes, on doit se lever pour défendre les intérêts de tout notre département. Pour ce faire, on doit être appuyés par nos députés et autres autorités. Ces députés doivent travailler pour nous.

Siabou KAMARA (Journaliste)

 L’aménagement des canalisations pour la culture nous coûte trop cher alors qu’on ne fait rien à cause des mauvaises canalisations. Dans la région de Tambacounda, on retrouve deux hôpitaux sur une distance de 2 km (Tamba-Ouruissogui) alors qu’il y a le département de Bakel à 150 km. On devait normalement et logiquement construire le deuxième hôpital dans le département de Bakel. Mais ils ont préféré le faire loin de Bakel. On doit se battre pour accéder aux instances de prises de décision et changer la donne. Ceux qui y sont ne sont pas plus sénégalais que nous. Le soninké doit être parlé dans les medias comme les autres langues. Pour cela, battons-nous !

Idrissa KONE (SG de l’Union Départementale des Elèves et Etudiants de Bakel)

Nous sommes confrontés à de nombreux problèmes : orientation, inscription, logement….Toutes les régions ou tous les départements allouent des logements à leurs élèves et étudiants afin de leur éviter de faire de longs trajets entre leurs domiciles et leurs établissements mais nous, nous n’avons pas ce privilège. Nos autorités doivent nous aider dans ce sens. On doit étudier pour être dans les instances de décisions. Je voudrais savoir le budget voté pour Bakel. NIASS et BATHILY ont eu un accident de la route à 2h et il a fallu que les secouristes viennent de Tamba qui est loin de Bakel. Et du coup, ils sont arrivés sur les lieux tardivement puisqu’il y a eu trois morts qui n’ont pas été évacués à temps. Il nous faut des pompiers de proximité. On doit aussi réactiver le projet de la régionalisation de Bakel.

SAOUNERA

On ne s’aime pas. On n’est pas unis. Bakel ne doit avoir qu’un dirigeant et toutes ses populations derrière ce dirigeant. L’Etat ne fera rien pour nous car il y a trop d’égoïstes et d’hypocrites chez nous. On ne doit pas embêter les députés car on est fautifs.

Farima DIAWARA(Foutanké)

Les soninkés doivent s’impliquer dans le développement. Les autorités doivent nous aider dans la recherche des bailleurs pour réaliser nos projets. On doit aussi travailler un support et donner ça aux députés pour les aider.

Mamadou DJIMERA (Mor BADIANE)

On a montré à l’Etat qu’on pouvait passer de son aide alors il nous a délaissés. C’est nous-mêmes qui avons créé nos propres difficultés. On n’est pas solidaires. On doit se battre pour nos droits.

Lettre de Cissé SYLLA 

Il y a des diplômés sans emploi. Les députés doivent y travailler.

Issa BA (Association des Elèves et Etudiants Soninkés)

Chaque village doit tenir cette rencontre. Cependant, cela ne doit pas être de la concurrence. Depuis 1960, les députés que nous avons eu ne méritent pas une note de 03∕20. On n’a pas besoin des diplômes pour faire la politique. On doit investir dans notre département en y implantant des stations-services et autres projets viables et non déposer nos fonds dans des banques qui travaillent avec sans contrepartie sociale. Chers députés, soyez accessibles à toutes et à tous !

BINTOU_TANDJIGORA

Moussa TOGOLA

Etudiants, unissons-nous ! On doit faire de la politique. Les notables soninkés doivent aider leurs jeunesses.

Aminata AIDARA

Nous rencontrons de nombreux problèmes entre autres celui d’insertion. Pour avoir ne serait-ce qu’un stage d’un mois, il faut être recommandé. Si les diplômés n’ont pas d’emploi, leurs jeunes frères n’auront pas le courage de continuer leurs études. On doit solutionner ces questions-là car on a des diplômés qui choment.

En réponse à toutes ces difficultés que rencontre notre département, les députés, qui ne sont que des législateurs et porte–paroles de leurs communautés, ont reconnu avoir une tâche difficile mais noble à relever. Ils ont juré e ménager aucun effort jusqu’à la satisfaction des attentes et espérances placées en eux.

La fête a été belle et fructueuse en idées. Nous espérons que nos mandataires seront à la hauteur et tireront leur épingle du jeu en solutionnant tous ces problèmes soulevés avant la fin de leur législature.

 

ARK

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