Aminata Sow Fall à ses concitoyens :  »Refusez d’être esclaves de l’argent »

Aminata Sow Fall à ses concitoyens :  »Refusez d’être esclaves de l’argent »

 

L’écrivain sénégalais Aminata Sow Fall a appelé, mercredi à Dakar, ses concitoyens à s’alimenter de valeurs traditionnelles, tout en évitant d’être esclaves de l’argent qui, selon elle, ‘’déshumanise la société’’.

‘’La personne doit être alimentée de valeurs et surtout éviter de tomber dans le piège de la modernité pour dire ou tout faire’’, a déclaré Aminata Sow Fall, dans son discours à l’ouverture de la Journée internationale de l’écrivain africain.

Auteur de ‘’Le Revenant’’, ‘’Douceurs du Bercail’’, ‘’La grève des Battù’’ entre autres romans, Aminata Sow Fall est la marraine de la 20-ème Journée internationale de l’écrivain africain.

S’expliquant sur les circonstances de la rédaction de son premier roman paru en 1973, ‘’Le Revenant’’, elle a dit : ‘’je me posais la question de savoir si un homme riche valait mieux qu’un homme ancré dans ses valeurs’’.

‘’L’argent avait pris le dessus sur les valeurs, à la fin des années 60. Et aujourd’hui, il est en train de déshumaniser les hommes », a-t-elle ajouté.

Très émue durant tout son discours, l’auteur de ‘’L’Appel des arènes’’ a souligné que c’est avec  »une expérience renouvelée » qu’elle continue à écrire depuis 1973.

‘’Je peux toujours passer des jours voire des mois sur un mot’’, a-t-elle lancé.

Native de Saint-Louis, Aminata Sow Fall parle de sa longue carrière d’écrivain avec passion. ‘’Tout m’est venu de Saint-Louis, entre le fleuve et la mer’’, a-t-elle expliqué.

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Note :

Aminata Sow Fall  est une grande dame des Lettres africaines. Auteur d’œuvres importantes qui dépassent les frontières africaines, elle s’est également engagée dans la modernisation culturelle de son pays. 

Pour mieux la découvrir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Aminata_Sow_Fall

 BIBLIOGRAPHIE :

Le Revenant, Roman, 1976

La Grève des Bàttu, 1979 : Porté à l’écran par Oumar Cissoko ; la politique s’oriente à préserver les apparences, pour finir par se heurter au rites traditionnels et religieux autour de l’aumône aux dépourvus.

L’Appel des arènes, 1982 : Distancé de la famille et des valeurs traditionnelle après des études à l’étranger un couple redécouvre ces racines culturelles à travers sa progéniture.

Ex-Père de la Nation, 1987 : L’échec d’un politicien idéaliste, qui voit son rôle en Père de la Nation, face aux réalités sociales et économiques. Les conséquences sont la transition de son régime en dictature, puis finalement sont renversement dans le sang.

Le Jujubier du patriarche, 1993 : Sur les traces des ancêtres pour mieux vivre le présent.

Douceurs du bercail, 1998 :    Une femme sénégalaise, Asta, arrive à l’aéroport Roissy Charles de Gaules et tantôt se trouve dans un grand problème avec la police de frontière parce qu’elle refuse la violation de son intimité lors d’un contrôle. Pendant son incarcération aux dépôts de l’aéroport, elle rencontre d’autres compatriotes qui attendent d’être rapatriés. Elle va connaître les traitements donnés aux gens de l’Afrique qui ont le malheur d’être prise dans les pièges des forces de l’ordre français. 
Malgré l’effort de son amie Anne, une française, Asta est déportée avec les autres détenus. Elle comprend pendant des discutions avec les autres détenus pourquoi les gens quitte l’Afrique pour l’Europe et elle trouve la solution. La terre vierge de chez elle doit être cultivée pour en retirer ses richesses. Elle achète une grande parcelle et y établit une communauté des rapatriés pour son exploitation. L’histoire termine avec le mariage d’Asta à un rapatrié appelé Babou. 
Voici un roman qui jette un regard critique sur l’un des problèmes majeurs du continent africain, l’exode des jeunes vers l’Europe en proposant une solution simple mais valable. C’est aussi un roman qui nous indique la capacité de la femme de mobiliser les gens pour résoudre leurs problèmes.

Un grain de vie et d’espérance, 2002 : Réflexion sur l’art de manger et la nourriture au Sénégal, suivi d’une vingtaine de recettes proposées par Margo Harley.

Festin de détresse, 2005 : Chroniques d’une famille et d’une cour, Festins de la détresse nous plonge au cœur de vies en proie aux absurdités que provoquent les changements économiques et sociaux, trop rapides pour le temps d’une vie humaine. Puisant dans la mémoire complexe du chant africain, Aminata Sow Fall veut « changer la croyance selon laquelle la nourriture et les biens matériels sont seuls nécessaires à la survie, et mettre en évidence l’importance de la créativité et des besoins spirituels ; plus importants que les biens matériels qui ne suffisent pas à fonder la dignité d’un être humain. » Les trajectoires de ses personnages nous en convainquent.

 

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