Mega : un MegaUpload ressuscité et robuste juridiquement

Mega : un MegaUpload ressuscité et robuste juridiquement

 

Promis pour la fin 2012, Mega permettra selon son créateur de stocker en ligne des fichiers et de les partager. Mais Mega n’est pas une simple résurrection de MegaUpload puisque les fichiers seront chiffrés et l’utilisateur seul détenteur de la clé de déchiffrement. Mega déjà un casse-tête juridique pour les ayants droit ?

Outre Megabox, le fondateur du défunt MegaUpload, Kim DotCom a d’autres projets. Il entend ainsi revenir dans le secteur des services de stockage en ligne au travers d’un nouveau produit. Le nom de ce futur service annoncé pour la fin de cette année : Mega.

D’après Wired, Mega permettra donc, comme MegaUpload, de mettre en ligne des fichiers, de les stocker et de les partager. A priori donc, c’est du MegaUpload nouvelle génération. De quoi donc réjouir les ayants droit engagés dans une bataille juridique face à DotCom.

Des fichiers chiffrés et la clé détenue par le seul utilisateur

Mais des différences sont cependant à noter. Le fondateur de MegaUpload a tiré des leçons de ses mésaventures. La promesse de Mega est ainsi d’être en règle sur le plan des droits d’auteur.

Mais surtout, il semble que Kim DotCom ait voulu, pour cela, prendre soin de compliquer l’affaire des ayants droit en intégrant à Mega un système de chiffrement AES. Les fichiers mis en ligne par les utilisateurs seront chiffrés. Pour y accéder, il faudra dès lors disposer de la clé permettant de déchiffrer, c’est-à-dire lire le contenu.

Cette deuxième clé sera générée et transmise à l’utilisateur. Mega ne la stockera pas. L’accès aux contenus mis en ligne sera donc de la responsabilité de l’utilisateur et des développeurs d’applications tierces.

Les créateurs de Mega n’auront pas copie de la clé de déchiffrement et donc pas connaissance des contenus hébergés chez eux. Une sécurité sur le plan juridique. Mais ce chiffrement risque dans le même temps de compliquer la vie des ayants droits.

Toutefois, Kim DotCom l’assure, si ces derniers, après avoir accédé à la clé, identifient un contenu illicite, ils pourront le signaler à Mega qui procédera à la suppression des données.

Pas « un doigt d’honneur » aux Majors, mais presque

Difficile toutefois de croire Kim DotCom lorsqu’il déclare que Mega n’est pas un « doigt d’honneur géant à Hollywood et au Département de la Justice américain ».

Ce dernier précise en effet que le choix volontaire de ne pas faire de déduplication signifie qu’un utilisateur peut en théorie mettre en ligne le même contenu illicite 100 fois, ce qui générera 100 fichiers différents, tous avec leur propre clé de déchiffrement.

Pour les ayants droit cela impose donc de collecter 100 clés, de contrôler la légalité des contenus et au besoin de déposer 100 demandes distinctes de retrait. Si ce n’est pas un doigt d’honneur, cela ressemble au minimum à une forme de provocation.

Conseillés par des juristes, les créateurs de Mega ont pris une autre précaution : la redondance. Les données seront stockées simultanément sur deux fermes de serveurs, localisées dans deux pays distincts.

C’est une façon pour Mega de réduire les risques d’être paralysé par une opération de police sur ses serveurs, qui pour MegaUpload étaient hébergés aux Etats-Unis et avaient été gelés par le FBI dans le cadre de la procédure contre le site.

 

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