Contribution : Messieurs les députés, optez pour la rupture pour sortir le département de Bakel de sa torpeur !

Contribution : Messieurs les députés, optez pour la rupture pour sortir le département de Bakel de sa torpeur !

Depuis le début du 2ème millénaire, Bakel n’a jamais été dans une aussi bonne position pour tirer son épingle du jeu politique (2% des députés de l’Assemblée Nationale ). Les oracles du «  Sende Guide » n’auraient pas pu présager meilleur scénario. Qui l’aurait cru ? Bakel réapparaît sur la scène politique Sénégalaise de la plus éclatante des manières. Il est fréquent d’entendre les Bakélois tant au niveau communal que départemental se lamenter, rouspéter et rouscailler de leur sort au point que l’on considère leur cause perdue à jamais. Des indépendances à nos jours, ils ont été les grands perdants du jeu politique au Sénégal. Pour disséquer cette inimitié bakéloise pour la politique, il est intéressant de faire appel à l’histoire.

Nul besoin de se répéter au risque de lasser les lecteurs. Les politiciens ont été à Bakel ce que le cancer est à l’homme. Ils ont consumé Bakel à petits feux. Vendeurs d’illusions, organisateurs de «  Dimmus », distributeurs de sacs de riz et de poissons séchés, corrupteurs de marabouts, grands sophistes devant l’éternel… Leur politique n’a été jusque-là qu’une farce de mauvais goût. Qu’ils soient socialistes ou libéraux, ils ont été champions de la «politique alimentaire » !  Politique rimait avec gabegie, tromperie, affabulation et corruption à tous les étages à Bakel.

Habillées aux effigies de leurs «  pharaons des fables », prêtes à danser le Worosso et Sigandi voire le Yela, les populations étaient très souvent rassemblées à la fameuse place de l’indépendance ou à la place Waoundé N’diaye au grand bonheur de ces imposteurs qui venaient miroiter monts et merveilles. Pendant qu’ils abusaient des populations tels des « charmeurs de serpents », le département tombait en ruine et le peuple s’appauvrissait. Ils avaient corrompu toutes les couches de la population locale : Marabouts, Chefs de quartiers, dignes notables, Jeunesse engagée…

Quelques anecdotes suffisent pour apporter de l’eau à mon moulin. « Un célèbre politicien Bakélois avait arrosé les Marabouts de billets de CFA lors d’une rencontre ante électorale. Quelques représentants des différentes mosquées étaient présents. L’argent fût distribué entre eux à l’insu des comptables de la grande mosquée et de l’Imam RATIB. Malheureusement, comme dans ce genre d’histoires, les langues se délient très vite. Un des marabouts se laissa aller dans des confidences et le scandale éclata. Ce fût un spectacle marrant et tragique. C’est dire que ces gens avaient réussi à «  enrhumer »  les cerveaux des toutes les composantes de la société ».

A bas échelle, ils avaient réussi également à corrompre des mouvements de jeunes par des dons de «  Magnétoscopes », d’espèces sonnantes et trébuchantes. Dans cette optique, une anecdote suffit à montrer combien les gens étaient à leur solde «  Des amis avec qui je partageais  la même chambre de jeunes furent enrôlés par le baron du quartier pour soutenir une politicienne lors de sa rentrée politique. Pour l’ambiance, nous étions tous aller au meeting politique. Le lendemain, tous les jeunes des quartiers étaient appelés à rencontrer cette sympathique dame. Deux amis et moi manquions à l’appel de notre «  crew » parce que tout simplement nous avions préféré aller réviser nos cours que d’aller perdre du temps à gober des «  salades politiciennes ». Pour leur soutien au meeting, chaque groupe de jeunes avait reçu une belle somme. Le soir, nos amis « apprentis sorciers politiques » nous remirent à chacun nous trois la somme de mille francs pour notre participation au meeting. Après enquête, ils avaient reçu des mains de la dame une somme de 50000 FCFA. Le baron du quartier dont je tairais le nom et nos amis venaient de nous rouler dans la farine de la plus belle des manières. Ce fût un scénario très drôle mais il montre combien ces politiciens détournaient la jeunesse de sa véritable mission qui est de se dresser en sentinelle pour une bonne gouvernance locale ».

Les anecdotes ne finissent pas. Souvent, des pères de famille respectables coupaient l’herbe sous les pieds de leurs propres enfants engagés pour des causes nobles en allant chanter les louanges de ces hommes politiques moyennant billets de CFA…Une carte d’électeur valait 10000 FCFA. En somme nos hommes politiques avaient réussi à « profiler » un type de Bakélois, laudateur de circonstance, prompt à danser et à chanter pour quelques billets de CFA. Ce fût notre perte. Certains de nos élus allaient dormir à l’Assemblée Nationale lors des différentes sessions passant ainsi sous silence nos maux.

L’heure de nous a sonné. Le scénario qui s’est dessiné lors des législatives est de très bonne augure. En terme de ratio député/département, Bakel caracole en peloton de tête et damne le pion à certains départements phares, chef-lieu de région comme Kédougou, Ziguinchor, Tambacounda, Matam, Saint Louis. Sur les 150 députés à l’assemblée Nationale, trois représentent le département de Bakel ( Monsieur Samba KOITA, Monsieur Ibrahima Baba SALL, Madame Bintou TANDJIGORA ) soit un pourcentage de 2% alors que les autres dépassent difficilement les 0.3%. Ce poids politique est capitale pour BAKEL. Plus que jamais, nous pouvions taper sur la table pour la prise en compte de nos doléances et la résolution de nos nombreux problèmes départementaux.

Dans un premier temps, cette présence accrue permet de remettre Bakel en scelle. Une visibilité accrue dans l’échiquier politique sénégalaise. Monsieur Samba KOITA était classé 4ème sur la liste proportionnelle ce qui signifie qu’il compte au sein de l’APR. Il venait derrière le tonitruant Moustapha Cissé LO qui dispute la présidence de l’Assemblée Nationale à Moustapha NIASSE de BSS . Sa force politique et l’estime dont il dispose au sein de l’APR augure des lendemains meilleurs pour le département de Bakel. Notre département doit plus que jamais être sous les feux des projecteurs. Les caméras doivent désormais être braquées sur notre département. Il est du rôle de Messieurs KOITA/SALL et de Madame DIAKHO de mettre en valeur leur département d’origine. Ils sont désormais nos ambassadeurs. Dans cette nouvelle démarche de mettre Bakel en scelle, ils doivent être exemplaires. Une totale rupture avec les usages du passé s’impose. Les caravanes, les rentrées politiques dispendieuses doivent désormais être reléguées au second plan. Le retard du département de Bakel est si immense que l’heure est au travail. L’arrogance dont les anciens élus nous avaient habitués doit cesser. On les voyait venir à bords de gros 4X4 faire le tour du département en promettant monts et merveilles pour finalement rejoindre leurs conforts Dakarois en l’espace de 24 heures.

Messieurs les députés du département de Bakel, sachez que le peuple vous regarde et compte sur vous. D’entrée, il devient urgent d’assainir votre entourage. Il faut absolument faire le tri sur vos conseillers et autres collaborateurs. Nul ne doit vous accompagner dans cette nouvelle mission, fût-ce son poids politique et le lien de parenté, si son utilité au sein de votre équipe n’est pas avérée. Sachez que vous serez plus que jamais sollicités par une horde de sangsues, de pique-assiettes et de «  Doungourous », adeptes de la « politique alimentaire ».

Etre député c’est être à l’écoute du peuple quel qu’il soit. Votre réussite dépendra de votre entourage. Soyez honnêtes et jugez les hommes par leur compétence plutôt que par leur sensibilité politique ou à leur appartenance familiale. Vous êtes au service du département de Bakel et non au service de l’APR ou de BBY ni de vos familles respectives. Les moyens qui seront mis à votre service sont ceux du département de Bakel. Tachez d’en faire bon usage.

Pour réussir votre mission, la consultation doit être une variable très importante. Le réveil semble sonné dans le département. Le récent coup de fouet donné à la convention des cadres du département de Bakel vient à son heure. Associer cette structure dans vos décisions et vos actions serait un gage de réussite dans le sens que cette association a déjà effectué un balayage des priorités du département. Au sein de cette association, vous disposerez d’un vivier important de compétences dans plusieurs domaines qui seront utiles pour le département de Bakel.

Hormis cette association, vous pouvez également vous appuyer sur les associations d’émigrés du département comme l’ARBF, le COREDIA, l’ARKF qui excellent dans des projets de développement très utiles aux populations dans le domaine de l’éducation, de l’eau et autres infrastructures. Ces associations seront une bonne passerelle sur l’étranger afin de nouer des partenariats très utiles au département. 

Messieurs les députés, la présence d’une femme au sein de votre trio rassure. Les femmes sont de grandes actrices dans le développement local. N’en faites pas des pions à votre propagande politique mais Faites en de vrais relais pour le progrès social.

Quant à la jeunesse, elle doit être épaulée dans plusieurs domaines. Leurs attentes sont nombreuses. Un rupture s’impose également à ce niveau. Vos prédécesseurs les ont mal utilisés en les transformant en milices et en «  doungourous ». L’heure est venue de les responsabiliser et de leur donner des outils efficaces pour leur épanouissement dans plusieurs domaines.

 Samba Fodé KOITA dit EYO, www.bakelinfo.com

1 Comment

  1. Avatar
    abde juillet 07, 2012

    Bel article qui resume tout:
    Ils representent nos espoirs et attentes.
    Bon courage

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