Tambacounda : Les collégiens disent STOP aux violences faites aux filles en milieu scolaire

 

 

Ce mardi 5 juin 2012, le Comité régional de Lutte contre les Violences faites aux Femmes, a organisé, au centre culturel de Tambacounda, un concours de Port Folio, destiné aux établissements du moyen secondaire. Le jury est présidé par l’Inspecteur d’Académie Alioune Ndiaye. On note la présence, dans ce jury, de Madame Sané, Principal de Collège ; Madame Tandia Coumba Tandia, responsable du bureau genre à l’IDEN de Tamba ; Monsieur Ndiaye de l’AEMO ; Monsieur Diallo de la RADDHO.

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet de lutte contre les violences en milieu scolaire, le Comité Régional de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes, a organisé un concours dénommé Port Folio. L’objectif est de sélectionner l’œuvre artistique réalisée par un groupe qui traduit le mieux le phénomène des violences scolaires et l’égal accès des filles et des garçons à l’éducation dans une école sans violence. Quatre collèges ont tour à tour présenté leurs productions : le CEM de Missirah, Quinzambougou, Moriba Diakité et Jean 23. Pour rappel, le Sénégal a proclamé son attachement aux idéaux de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 et ratifié la plupart des conventions internationales affectant la situation de la femme dont la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes.

S’il est vrai comme le dit E. Kant que «l’homme ne peut devenir homme que par l’éducation», la bataille pour l’égalité des chances entre les garçons et les filles dans l’éducation devient une exigence de développement, de démocratie et un défi à la pauvreté et à l’exclusion. Selon Aminata Diéye, Coordonnatrice de Amnesty International, présente à la cérémonie, la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, tout acte « de violence dirigé contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée », est considéré comme une violence de genre. Les collégiens ont, dans les différents exposés défini les violences faites aux filles en milieu scolaire : « tout acte sexuel, toute tentative d’obtenir une faveur sexuelle, commentaires à caractère sexuel non recherchés, avances ou actes visant à faire trafic de la sexualité d’une personne, en utilisant la coercition, des menaces ou la force physique, et commis par toute personne, indépendamment de sa relation avec la victime, où que cette violence se déroule ». Pour Madame Diamé, Oumou Sakho, parmi ces violences de genre, celles de nature sexuelle apparaissent les plus préoccupantes étant donné l’impact désastreux qu’elles ont sur la déperdition scolaire et au vue de l’enjeu que représente l’éducation des filles pour atteindre les objectifs de l’EPT. La violence sexuelle est un concept multiforme. Elle est utilisée de façon englobant pour décrire toute violence physique ou psychologique commise par un tiers. Les grossesses précoces et/ou non désirées, les mariages précoces et parfois forcés ou sous pression sont aussi les manifestations visibles des violences sexuelles dans le milieu scolaire. Les mutilations génitales féminines (MGF), même si elles présentent des conséquences indirectes sur le maintien des filles à l’école, interviennent bien plus tôt, généralement à l’âge préscolaire ou tout au plus dans l’élémentaire. Après la délibération du jury, le CEM Moriba Diakité est sorti 1er, suivi de Quinzambougou, 2e ; Missirah, 3e et Jean 23, 4e. L’objectif, selon l’Inspecteur d’Académie, n’est pas d’être 1er ou 2e, mais plutôt de participer, de faire passer le message, d’en tirer des leçons. Les élèves, dans un mémorandum, s’engagent à participer activement à la sensibilisation sur les violences en milieu scolaire ; à impliquer leurs parents et toutes les couches de la société dans la lutte ; à faire tout pour éradiquer les violences en milieu scolaire, pour une école sans peur ni violence.

La violence est-elle un mode de communication ou un échec de la communication ?

 

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