Macky SALL : « Pas de chasse aux sorcières, mais pas d’impunité pour ceux et celles que l’audit mettra en cause »

Macky SALL : « Pas de chasse aux sorcières, mais pas d’impunité pour ceux et celles que l’audit mettra en cause »

Après que le Président sortant, Me Wade, a soutenu, hier à Tivaouane que son fils Karim Wade n’a pas géré l’argent du pays, L’Observateur a eu les éclairages de Mouhamadou Mbodji sur la responsabilité des ministres et directeurs d’agence dans la gestion des affaires publiques.

Responsabilités de Karim dans la gestion des affaires publiques. «En 2001, le Président Abdoulaye Wade avait proposé une nouvelle Constitution. Laquelle édicte, dans son Préambule, le principe de bonne gouvernance, qui renvoie à trois choses : la nécessité de transparence dans la gestion des affaires publiques, la participation des citoyens et citoyennes dans la définition des gestions publiques et le principe de redevabilité ou l’obligation de rendre compte. Donc, cela est devenu un principe constitutionnel au Sénégal. Maintenant, celui qui est en position de responsabilité dans la gestion des affaires publiques, mobilise l’argent des contribuables et quand il finit, il doit rendre compte. La chaîne de décision dans une responsabilité quelconque (ministère, agence..) agrège toutes les responsabilités. Que ce soit la responsabilité de l’ordonnateur des dépenses, de l’administrateur des crédits ou du comptable.

Quand on nomme quelqu’un ministre, la responsabilité politique de la gestion de ce département lui incombe, y compris l’utilisation des ressources financières. L’honneur, la sincérité et le courage, commandent, quand on accepte d’être mis en avant et quand on porte des décisions majeures dans cette structure, qu’on l’assume. A défaut de cela, on mettra fin à toute carrière politique ultérieure et ce serait un acte de lâcheté politique d’engager de petits comptables qu’on a recrutés. Quand un ministre se cache derrière un directeur qu’il a fait nommer par le président de la République, c’est un manque de courage. Un homme comme ça ne devrait plus manifester aucun désir d’assumer des responsabilités.

Quand on a conduit les destinées d’une agence ou d’un ministère et qu’on se gargarise des réalisations dans ce secteur, on devra porter la responsabilité de la gestion de ce domaine. Le Président avait tenu le même discours avec l’Anoci, en disant que Karim n’a jamais touché à l’argent. Pourtant, Karim a revendiqué toutes les réalisations de l’Anoci, publiquement. Aujourd’hui qu’il s’agit d’audit, il doit rester dans cette même logique d’assumer ses propres responsabilités.»

Audit et chasse aux sorcières. «Macky Sall a expliqué, au début, qu’il ne s’agit pas de chasses aux sorcières. Il a dit qu’il fera des audits, car il veut rester dans une posture qui sied à la gestion de l’Etat, c’est une posture d’impersonnalité. On peut le comprendre, mais il faut comprendre aussi que l’audit est une fonction naturelle de la gestion. Dans toute gestion, il y a quatre fonctions qu’on rencontre parfois : il faut organiser, planifier, exécuter et auditer. On ne peut pas s’enfermer dans : «on va auditer, on va auditer.» Il faut combiner l’audit avec comment faire pour traquer les nouvelles richesses. La cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) ne fait pas d’audit, elle surveille les transactions financières douteuses et elle a émis certains soupçons par rapport à certaines de ses transactions sur plus de 80 dossiers. Pour faire ces audits, il faut faire appel aux organes de l’Etat qui sont plus outillés et plus perfectionnés en matière d’investigations comme la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat (Ige)…»

«Macky Sall doit traquer et rapatrier l’argent caché à l’extérieur»

Traquer et rapatrier l’argent volé et placé à l’extérieur. «C’est l’argent du contribuable, ce n’est pas l’argent du Président sortant ni celui du Président entrant. Il ne faut pas organiser des civilités autour de cette question pour exécuter, pardonner ou exonérer des responsabilités pour telle ou telle personne. Il faut y aller avec une extrême rigueur, le respect de la loi, sans règlement de comptes. Il faut faire en sorte que l’argent du contribuable revienne au contribuable. Sani Abasha l’a fait sans bruit et quand il est mort par un coup d’Etat, Olesegun Obasanjo est arrivé à la tête du Nigéria après des élections, il avait négocié le rapatriement de l’argent volé et caché dans les banques suisses. A ce moment, il avait réussi à rapatrier près de 1 500 milliards FCfa qui ont été affectés dans les secteurs comme la santé… Le Sénégal a besoin de cet argent pour faire baisser le coût des denrées de première nécessité. Les scandales se sont exprimés en milliards sous l’Alternance, aujourd’hui, il y a une Convention avec les Nations Unies dont une de ses dispositions permet de faire revenir cet argent. Macky Sall peut faire comme Obasanjo. C’est l’argent des Sénégalais. Au lieu de leur demander de payer plus d’impôts, avant de réduire le train de vie de l’Etat, il faut aller chercher cet argent ou combiner les deux. Le premier élément de la crédibilité de la nouvelle gouvernance de Macky Sall, c’est de montrer que l’impunité est terminée et les responsables de ces actes seront poursuivis. Ce message, simple et clair, va modifier le comportement de tous les citoyens sénégalais et va redonner espoir dans ce pays. C’est un combat et quand on le rate, il ne faudrait pas s’attendre à grand-chose.»

NDIAGA NDIAYE

 

SOURCE

 

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