Classement des pays corrompus : Le Sénégal, parmi les plus corrompus, pas loin de la queue

Classement des pays corrompus : Le Sénégal, parmi les plus corrompus, pas loin de la queue

La corruption n’a pas reculé au Sénégal. Les résultats de l’étude sur l’Indice de perception de la corruption (Ipc) 2011 publiés hier par le Forum civil positionnent, en effet, notre pays à la 112e place sur 182 pays. Loin derrière le Cap-Vert, la Gambie, le Rwanda et le Benin, entre autres.

 La corruption est-elle en train de s’accentuer au Sénégal ? En tout cas, la publication, hier, des résultats de l’étude sur l’Indice de perception de la corruption (Ipc) 2011 militent dans ce sens. Placé, l’année dernière, à la 99e place sur 180 pays sur l’Indice de perception de la corruption, le Sénégal se retrouve cette année à la 112e place sur un total de 182 pays, avec un score de (2.9). Ce qui fait dire au chargé de programme de la section sénégalaise de Transparency international, Dominique Corréa, lors de la présentation du rapport à la presse, hier, que ‘le Sénégal s’enfonce dans la zone rouge des pays les plus corrompus’.

Au plan mondial, les pays nordiques caracolent en tête. On y retrouve des Etats comme la Nouvelle Zélande, le Danemark, la Finlande, la Suisse et la Norvège. ‘Ces pays ont fini de démontrer leur capacité de mise en place d’instruments efficaces de lutte contre la corruption avec une volonté politique certaine. Ils constituent des exemples de gouvernance dans la lutte contre la corruption’, souligne le rapport.

 Le Botswana (6.1), le Cap-Vert (5.5), l’Ile Maurice (5.1), le Rwanda (5) jouent les premiers rôles en Afrique. Il s’agit, selon Dominique Corréa, ‘de pays qui ont compris que le développement économique rime naturellement avec l’efficacité des moyens de lutte contre la corruption’.

 Le Sénégal, lui, est encore derrière la plupart de ses voisins de l’Afrique de l’Ouest comme le Ghana, la Gambie, le Libéria, le Bénin et le Burkina Faso. Selon le rapport, ce recul du Sénégal vers la zone rouge s’explique par les modifications du Code des marchés qui sont intervenues le 13 septembre 2010 et qui ont provoqué une pluie de marchés passés par entente directe. Le rapport rappelle que ‘cette période est marquée par une absence de régulation du système des marchés publics parce que l’organe de contrôle a posteriori, en l’occurrence l’Armp, n’avait pas de conseil de Régulation’. Il s’y ajoute l’opacité grandissante qui entoure les concessions d’exploration et d’exploitation des ressources minérales ainsi que celle qui entoure l’octroi des terres. Le domaine des infrastructures constitue également un milieu où la corruption se développe fortement. Dans le domaine des hydrocarbures, le document souligne qu’’il a été relevé des pratiques irrégulières dans l’octroi des marchés’.

Conscient du danger qui guette le Sénégal, le Forum civil exhorte les pouvoirs publics, particulièrement le président de la République, à donner suite aux rapports d’audits régulièrement soumis par les organes de contrôle (Centif, Cour des Comptes…). Il demande aussi des réformes urgentes et efficaces pour assurer une indépendance statutaire du système judiciaire et, par la même occasion, appelle les magistrats à assumer leurs responsabilités individuelles dans l’exercice de leurs fonctions. En outre, il exige des autorités publiques (Centrales comme locales), une gestion transparente et participative à l’octroi des terres et de l’ensemble des ressources minérales au Sénégal ; une transparence sur l’importation et l’exportation des hydrocarbures au Sénégal. Par la même occasion, tout en invitant les citoyens à prendre leurs responsabilités pour assumer le contrôle citoyen sur la gestion des biens et des deniers publics, le Forum Civil réaffirme son engagement à poursuivre sa mission de défense de l’intérêt général à travers la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et les délits connexes.

Source : Wal Fadjri

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