Contribution : Diawara, une commune galopante, bon élève du devoloppement local dans le département de Bakel

Contribution : Diawara, une commune galopante, bon élève du devoloppement local dans le département de Bakel

Diawara, commune d’environ vingt mille âmes galope. Nid de conflits internes et serpent de mer de la presse départementale ces derniers temps, la ville de Diawara est loin d’être une localité moribonde. Au contraire, elle vit et revêt des couleurs.  Elle s’urbanise et pointe les signaux d’un développement local viable. Depuis quelques années, grâce au concours de ses braves émigrés, la ville de Diawara se démarque des autres communes du département de Bakel.

En effet, chercher une réalisation de l’état du Sénégal dans cette commune rurale serait peine perdue. Et cela même après avoir donné ses suffrages aux différents partis au pouvoir depuis les indépendances. Tel un voyageur largué dans le désert du Kalahari, Diawara devait survivre par ses propres moyens. La ville de Diawara s’est débrouillée toute seule. Et c’est peu de le dire. Il y a quelques années, tout était à refaire. Le décor n’était guère enviable. Diawara était un gros village qui peinait à tirer son épingle du jeu malgré les efforts de ses ressources humaines, mobilisées autour de l’association COREDIA (Comité de Rénovation de Diawara).

L’aube des années 2000 coïncida avec le renouveau de cette ville. Diawaracommençait petit à petit à noyer les démons de la promiscuité. Le COREDIA, cheville ouvrière de cet nouvel essor prit à bras le corps les problèmes de cette localité. LeCOREDIA est une association, loi 1901, créée en 1969 par les ressortissants de la commune de Diawara en France. Son but est d’atténuer les maux de Diawara et de promouvoir des projets viables pour la béatitude sociale. Il s’est attelé à cette tâche et a réussi des belles réalisations ces dernières années.

Dans le domaine sanitaire, les populations ont accompagné le développement du centre de santé de leur localité. Ils ont équipé le dispensaire de matériels médicaux (Échographie, Cabinet dentaire). Une somme de 16.000.000 FCFA a été mobilisée pour ce projet. La société d’Équipement des Matériels Médicaux (SODEMED) est témoin de cet important sacrifice des immigrés de la commune, ceux mêmes qui tiennent économiquement et socialement cette contrée soninkée pendant que l’État dilapide les deniers publics au vu et au su de tous.

La belle prouesse du COREDIA pour ne pas dire des émigrés de la commune deDiawara est d’avoir mobilisé ses ressources humaines et ses partenaires pour un important projet Eau et Assainissement. Un investissement colossal qui est en passe de faire rentrer Diawara dans la pleine urbanisation. L’eau sera distribuée à l’intérieur des maisons. Un luxe pour ces femmes, jadis obligées d’aller faire la queue aux robinets collectifs et autres puits voisins. Ce projet a été concrétisé grâce à l’abnégation et le soutien de tous les fils de Diawara à travers l’association COREDIAavec l’appui de partenaires techniques, financiers et institutionnels, comme laCommune de Diawara, la Brigade des Puits et Forages de Goudiry, le GRET/PacepaS, la Ville de Paris, le PAISD et l’ARD de Bakel. Le projet a couté254000000 FCFA soit environ 285991 euros. Les ressortissants de la commune ont participé à hauteur de 10%. Un effort considérable pour améliorer les conditions de vie des populations locales. A la réception de ce joyau, sûrement dans les prochains mois, la ville de Diawara aura fortement réalisé un progrès social de grande envergure. Ce forage qui pointe son nez entre la commune et le village de Yélingara constitue une belle réussite dans la course aux infrastructures et aux équipements dans le goye inférieur. Le projet est d’autant plus utile que le voisin Yélingara sera également bénéficiaire de ces branchements en eau potable. Ce deal témoigne de la volonté des populations de sortir leur commune de sa torpeur. Mieux, Diawara ne sera pas victime des caprices de la SDE ( Sénégalaise Des Eaux ), société nationale qui peine à étancher la soif des populations. Un gestionnaire privé sera affecté à l’exploitation du forage de Diawara, et ce dernier ne pourra aller à l’encontre des populations locales, propriétaire des équipements et des installations. Une chance inouïe dans ce Sénégal qui manque cruellement d’eau. Diawara bouge. Sa rénovation est en marche. Ses problèmes d’eau et d’assainissement deviennent plus que jamais un vieux souvenir.

Sur le plan éducatif, les populations locales sous la tutelle du COREDIA ont longtemps œuvré à la construction d’écoles. Presque toutes les réalisations dans ce domaine portent la marque du COREDIA, une association qui s’est attelée à accompagner les populations locales dans le domaine de l’éducation depuis ses premières heures. Diawara dispose aujourd’hui de trois écoles élémentaires, d’une école maternelle et d’un collège flambant neuf. Notons tout de même qu’un local avait été mobilisé par les« Diawarankés » pendant plusieurs années pour accueillir les collégiens de tout le goye. Ce nouveau collège n’est que réparation. En effet, l’état vient enfin épauler la commune d’un nouveau collège. L’année dernière, un détournement d’environ16000000 FCFA des caisses du collège avait terni l’image de l’éducation dans cette ville. Mais, ce cauchemar est désormais terminé. L’auteur des faits incriminés vient d’être débarqué au profit d’un nouveau principal, Monsieur Ladji Sakho.

De plus, grâce au jumelage avec la commune de LONGVIC dans la région Dijonnaise, plusieurs enseignants ont reçu une formation aux nouvelles technologies de l’information. Une aubaine pour les élèves qui bénéficieront à leur tour des bases de l’outil informatique par le concours des enseignants formés. Mieux, pour réduire la fracture numérique, le COREDIA a doté la ville d’un cyber espace fonctionnel.Facebook, Msn, Skype sont désormais accessibles à la de jeunesse de Diawara. Internet n’est plus un luxe mais une nécessité. Toutes ces réalisations contribuent à embellir le quotidien « Diawaranké » et concourt à faire gagner des points dans lela course au progrès économique et social.

Forte de tous ces acquis, Diawara attire de plus en plus les investisseurs. La présence de la CBAO ( Compagnie Bancaire de l’Afrique de l’Ouest )  et du CMS ( Crédit Mutuel du Sénégal) dans cette ville n’est pas anodine. En plus d’être une contrée accueillante, la ville de Diawara est une « planète financière ». Elle reçoit d’importants flux financiers de l’étranger. D’importantes rentrées de devises qui font courir les investisseurs et les banques sénégalaises. Depuis quelques années, les boutiques de Sénégalais venus de l’intérieur du pays pullulent comme des champignons dans cette ville : alimentation générale, Matériaux de construction, électroménager… On y trouve également plusieurs ateliers de mécanique, de menuiserie métallique, de Menuiserie Bois entre autres. Ceci témoigne de l’importance de Diawara dans le département de Bakel, précisément dans le goye inférieur. Diawara est devenue une vraie ville. Les « Yélingarankos », « Manaélinkos », « Moudérinkos » et même Bakélinkos ne diront pas le contraire. Diawara progresse lentement mais très surement. En une dizaine d’années, elle s’est hissée au niveau de la capitale départementale Bakel. Elle est même en passe de la dépasser sur plusieurs plans, si ce n’est pas encore fait même.

Ce n’est plus un secret, Diawara est le poumon économique du département de Bakel.

A coté de ces investissements collectifs, les « Diawarankés » rivalisent dans les constructions familiales. Plusieurs familles ont réussi à bâtir de belles résidences dignes d’une capitale africaine. Un signe d’opulence indéniable. Les belles constructions font le décor de la commune de Diawara. Sur ce point, Diawara n’a rien à envier à ses voisins. De plus, une famille a construit un joli  palace qui ne souffrirait d’aucun complexe à coté des belles résidences du quartier huppé des Almadies de Dakar. Certains quartiers de la ville montrent également un très beau décor.

Néanmoins, quelques détails ternissent le décor de la ville. La ruée des familles vers les nouveaux quartiers, délaissant ainsi les anciens quartiers, rend vieillot le décor de la ville. On a comme l’impression qu’il y a deux Diawara. A l’intérieur, vers l’ancien coeur de la ville, le décor est peu enviable. Plusieurs maisons sont abandonnées et laissées aux étrangers. Une pratique courante dans cette commune où les familles préfèrent construire dans les nouveaux quartiers que de réhabiliter l’immobilier déjà existant. Ceci pose de réels problèmes d’urbanisation. Diawara montre deux visages : Une partie très bien construite et bien viabilisée et une autre partie aux allures de villages. De plus, ces maisons à l’intérieur de la ville vers le fleuve restent inchangées et gardent leur ossature vieillotte. Un décor vraiment triste. Une promenade dans ces zones peu habitées frustre l’étranger. Cela donne une allure de bidonville.

De plus, la difficile cohabitation entre pouvoir communal et pouvoir local a créé d’énormes tensions sociales ces derniers temps. L’ancien édile a laissé derrière lui une affaire douteuse de parcelles qui menace la cohésion sociale de la commune. Qui sait les nombreuses ramifications entre les familles, la non résolution rapide de ce problème installe Diawara sur un volcan très menaçant.

D’autres réels problèmes voilent également l’embéllie de ces dernières années. Diawara baigne dans l’insalubrité. Plusieurs coins de la ville dont le célèbre  » Dori Koume  » ( Etang ) , à quelques mètres du marché central sont devenus des dépotoirs à ciel ouvert. L’eau stagne et pue dans cet étang. D’autres quartiers souffrent également d’insalubrité. La commune doit s’attaquer duralement à ce problème. Des programmes importants d’assainissement sont à prévoir.

De plus, d’autres efforts sont à fournir pour doter la commune d’infrastructures sportives et culturelles. Diawara manque cruellement de stade pluridisciplinaire et d’espace culturel. Basketball, Voleyball, Athlétisme, Gynmastique… sont méconnus de la jeunesse. Pendant l’hivernage, ils sont très souvent privés de loisirs. Après les travaux champêtres, c’est la galère. On tourne très souvent en rond.

La gare routière est également indigne d’une commune. Les voitures stationnent sur les trottoirs et les devantures des maisons. Pour être un vrai pole économique, une nouvelle gare de dernière génération doit être construite afin de fluidifier le trafic entre Diawara et l’intérieur du Sénégal. Mieux, cela permettrait à l’avenir de prendre son indépendance vis à vis de Bakel. Par la route de Bondji, les Diawarankés peuvent rejoindre les deux routes nationales sans passer par Bakel.

L’autre plaie de la commune est à chercher aux environs de la Mairie. Le pont de Diawara croule sous le poids de la vétusté.  Mieux vaut prévenir que guérir ! A bon entendeur salut ! 

Samba Fodé KOITA dit EYO, www.bakelinfo.com, Récit de voyages.

2 Comments

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    SOUAIBOU KOITA octobre 19, 2011

    Très bel article qui synthétise la situation de Diawara. Le séjour de EYO a été très enrichissant. Et si tout le monde contribuait ainsi. Les efforts conjugués à Diawara sont dus aux sacrifices des Braves Immigrés et en particulier nos Parents, qui ont su bâtir cette Association depuis 1968/1969. La Population de Diawara a su côtoyer le Pouvoir Traditionnel, Associatif et Administratif pour défendre l’intérêt général. Surtout depuis 2002, nous traversons également l’érection de Diawara en Commune, qui était également à l’initiative des Membres du COREDIA, qui ont beaucoup oeuvré dans cette démarche. Je peux en témoigner. C’est vrai que Diawara a beaucoup évolué dans beaucoup de domaines grâce aux efforts consentis par les Migrants. Comme EYO l’a souligné, c’est vrai que dans l’ancien Diawara, c’est actuellement le sujet de conversation sur toutes les lèvres. Car ces maisons sont abandonnées, louées aux étrangers qui vivent à Diawara. Et c’est également source de l’insécurité, de la délinquance et de refuge pour les voleurs. Pour trouver des solutions à ce sujet, je pense qu’il faut beaucoup de sensibilisation et de mobilisation dans ce sens et appeler les gens face à leurs responsabilités.

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    SOUAIBOU KOITA octobre 19, 2011

    Comme souligné dans l’article, tous les pouvoirs successifs depuis 1960 n’ont rien fait chez nous. Que des promesses ? Nous ne croyons plus à la Politique. Sans la Société Civile, notre Département serait rayé sur la Carte du Sénégal : Famine, Guerre civile, etc…
    Exemple tout récent : Il a fallu 2 ans et demi pour avoir une Promesse de Campagne de Wade en Mars 2009 : Une Ambulance. Heureusement que les Braves Natifs de Diawara n’ont pas attendu cette promesse. Diawara était doté d’une Ambulance offerte par Ismaila Ba vers depuis près de 10 et une deuxième Ambulance toute neuve offerte en mars 2011 par Syakha Dioudiou Doucouré. On a attendu 3 ans et demi pour avoir un Collège entièrement financé par USAID. Toutes les classes politiques confondues n’ont rien fait pour nos contrées. Il faut le dire haut et fort, même si on est partisan. Il faut commencer à se critiquer soi même pour voir la vérité en face. Les Politiques Zéro Investissement dans notre Département…C’est un discours que je tiens devant tous les Leaders politiques.

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