LE RAS-LE-BOL DES POPULATIONS DU DEPARTEMENT DE BAKEL

LE RAS-LE-BOL DES POPULATIONS DU DEPARTEMENT DE BAKEL

Dans l’ensemble du Sénégal, le département de Bakel est l’endroit où la corruption connaît des sommets jamais atteints nulle part ailleurs. Mais comme toute chose de ce genre, plus généralement, quand on arrive au sommet, la chute ne peut être que rude, très rude. C’est ce qui arrive actuellement dans ce terroir, nous assistons à une révolution au niveau des comportements, les gens n’ont plus peur de dire non et stop à la corruption et de dénoncer les corrompus.

 Le département de Bakel est réputé – et ce n’est nullement une exagération – pour être un nid de fonctionnaires garants de la sécurité et des libertés des citoyens qui bafouent les libertés individuelles les plus élémentaires en abusant de leur pouvoir. Ceci est le fait d’une minorité, mais une minorité ô combien pesante ! Aujourd’hui, la coupe est pleine. Les populations n’en peuvent plus, un début de mécontentement s’empare des localités qui sont jusqu’ici restées des modèles de tranquillité et d’apaisement dans le pays. Elles sont arrivées à bout, car lorsque la corruption se conjugue à de l’intimidation de citoyens, un cape est franchi, nous entrons ainsi dans un système de type organisationnel qui est là pour faire régner une certaine terreur, une certaine peur. 

De cette manière nous ne sommes plus loin d’un clan coupé de la population. Mais depuis quelques mois, un blog citoyen a été créé (et qui est non signé) pour dénoncer des faits de corruption et de népotisme dans le département de Bakel, notamment dans la commune de Diawara. Il lève le rideau sur un système répressif qui a pour dessein d’abuser d’un certain pouvoir pour intimider les populations, de bafouer leurs libertés. L’adresse du blog se trouve ici : http://diawara-et-dep-bakel.blogspot.com/ Dans cet espace de liberté d’expression et d’opinions libres mais jamais hors la loi, plusieurs articles ont y ont été publiés et certains dénoncent le président du tribunal départemental de Bakel, un certain Mamadou DIALLO ; ces articles mettent en lumière des cas de corruption le concernant avec des détails forts et saisissants. L’exemple le plus flagrant a été l’humiliation qu’il a fait subir à huit notables de Diawara âgés de 80 ans et plus dont les principaux collaborateurs du Chef de Village. Parmi eux beaucoup souffraient de maladies liées à leur âge avancé.

 C’est sur une simple dénonciation calomnieuse qu’ils ont été arrêtés et transférés manu militari à Bakel. Dans cette affaire M. Mamadou Diallo a abusé de son pouvoir, il n’a déclenché aucune enquête préliminaire, n’a procédé à aucune confrontation pour la recherche de la vérité. Il a agi pour rendre service au dénonciateur dont il est l’ami et à qui il pensait rendre service. Nous sommes là, en plein délire d’intimidation sans précédent dans le département. Mais la justice est-elle au service des puissants contre les faibles ?

 Piqué au vif par le blog qui a dénoncé cette mascarade juridique, le juge Mamadou DIALLO a imprimé lesdits articles et s’est mis à accuser tous azimuts des personnes innocentes et surtout sans aucune preuve matérielle, se basant sur ses impressions, sauf qu’il oublie que le droit ne se base pas sur des impressions, mais sur des faits réels et matériels. Alors il a commencé par incriminer l’association « Le Corédia » d’être l’auteur du blog, puis s’est lancé à la poursuite des parents de certains responsables de l’association jusque dans leurs domiciles à Diawara, ce qui a été vécu par ces derniers comme une agression et un abus de pouvoir sans précédent jamais vécu dans le département. Ensuite, n’ayant pas réussi à établir la responsabilité des membres du Corédia qui ne sont en rien impliqués dans la publication de ces articles, il est allé s’en prendre à Bakel aux parents et aux proches des administrateurs du site d’information www.bakelinfo.com en accusant leurs enfants résidant à l’étranger d’être à l’origine du blog et des articles. 

Il s’est particulièrement acharné sur la mère d’un natif de Bakel qui réside au Canada et la pauvre dame en a été terrorisée. Du « Corédia » aux administrateurs du site Bakelinfo.com, M. Mamadou Diallo ne s’en est pris qu’à des innocents. Il s’en est pris à de braves et dignes fils du Sénégal qui consacrent une bonne partie de leur temps au développement de leur pays, ils ont construit des écoles, des collèges, des dispensaires et des forages pour le bien être des populations.

 Et contrairement à certains fonctionnaires corrompus, ces associations à qui il s’en est pris essaient de tirer le département vers le haut, ils ne se soucient pas de qui est leurs amis ou pas : tous les sénégalais, du Nord au Sud, d’Ouest en Est, sont leurs frères et sœurs ; ils ont fait sienne notre plus belle devise : Un Peuple, Un But et Une Foi. Et vous M. Diallo ? Qu’avez-vous fait pour les enfants du Sénégal, pour les populations de Bakel ? Cela se saurait si vous aviez fait quelque chose ! Depuis quand un juge de la République qui jouit de pouvoirs réels et dissuasifs, se permettent d’aller de maison en maison pour intimider les populations ? 

Un juge est par définition, garant des libertés individuelles, il est aussi l’élément central d’un véritable État de droit, il est le dernier protecteur du citoyen et le gardien de ses droits les plus basiques. Mais dès lors qu’un juge se comporte comme le chef d’un clan, il est disqualifié, il n’est plus digne de porter la robe de Mère Justice. Oui, ces méthodes qui consistent à se rendre dans les maisons des gens pour intimider de paisibles citoyens innocents, sont dignes d’une république bananière, or jusqu’à preuve du contraire, pour l’heure, le Sénégal est un pays de droit et une République digne de ce nom. Au 21ième siècle, au Sénégal, de telles pratiques n’ont pas leur place, si elles sont découvertes, elles doivent être dénoncées, punies sévèrement par les lois de la République et bannies pour toujours dans la société. 

 Au jour d’aujourd’hui, le juge Mamadou Diallo a perdu toute crédibilité, toute considération, il est hué partout dans le département, notamment à Bakel même. Les citoyens n’ont plus confiance en ses rendus de justice, son autorité est entamée, toutes ses décisions de justice sont entourées du parfum du soupçon. En clair, M. Mamadou Diallo n’est plus capable de rendre la justice dans la sérénité, le climat qu’il a créé autour de sa personne n’est plus propice à quoi que ce soit. Pour tout ceci, pour le bon fonctionnement de la justice, une justice exempte de soupçons et considérée comme neutre, les associations l’ARBF (Association des Ressortissants de Bakel en France) et le Corédia (Comité de Rénovation de Diawara), demandent le départ dans les plus brefs délais du juge Mamadou Diallo. Aussi, ces deux associations se réservent le droit de le traduire devant la justice (la vraie !) pour ces actes indignes d’un homme de loi, d’un juge, des actes qu’on trouve davantage chez les chefs de clans que chez une sentinelle du droit. Les associations de défense des droits humains ont été alertées ; en effet M. Seydi Gassama d’Amnesty International Sénégal et M. Alioune Tine de la RADDHO, ainsi que la Commission Nationale de Lutte Contre la Non-Transparence, la Corruption et la Concussion (CNLCC) ont été saisies et leur attention a été attirée sur ces pratiques anticonstitutionnelles qui sévissent dans le département de Bakel. 

Tous ces rapports annuels sur l’état du respect des droits de l’Homme dans notre pays incluent ces manquements constatés et constants dans le département de Bakel, et les conséquences sur l’image du Sénégal ne doivent guère laisser indifférent l’État, en premier lieu son excellence M. le Président de République et le ministre de la justice (chacun a été destinataire d’une lettre signée par le Corédia et l’ARBF dénonçant ces faits). Il en va de la paix sociale et celle-ci n’a pas de prix. Nos deux associations (très fortement apolitiques et qui ont un rôle social très marqué dans le département) réclament un assainissement des poches de corruption qui empoisonnent le quotidien des citoyens ; cette paix sociale se gagnera d’abord en commençant part l’affectation d’un nouveau préfet pour le département de Bakel – un préfet se doit d’être au service des citoyen – plus soucieux des problèmes des citoyens et davantage proche de leurs préoccupations, mais aussi l’arrivée d’un nouveau juge à la crédibilité intacte et qui gagnera à nouveau la confiance du peuple. La paix a un prix, et elle passera par ces changements. 

Dans sa « Lettre au roi de Prusse », d’Alembert écrivait « Il est plus aisé d’opprimer que de contenir, et d’exercer un acte de violence qu’un acte de justice ». Voilà ce qui arrive aux justiciables dans cette partie du pays. Désormais, il appartient à l’Etat de protéger ses citoyens, il (l’Etat) ne pourra plus dire qu’il n’était au courant de rien. Que Dieu nous protège ! 

 Oumar SAKHO (Secrétaire Général de l’association COREDIA), citoyen indigné du département.

http://www.seneweb.com/news/Societe/le-ras-le-bol-des-populations-du-departement-de-bakel_n_50189.html

 

1 Comment

  1. Avatar
    buné août 26, 2011

    excellent article il va à l’essentiel et dit tout avec des preuves, en plus l’auteur a su éviter des affirmations gratuites ou sans preuves il a été malin il a rapporté des faits tout en indiquant leur origine et de ce fait il ne s’expose à rien d’illégal, c’est une bonne tactique.

    il faut qu’on se soulève et pourquoi ne pas organiser une manifestation devant l’ambassade du sénégal à paris de Yaféra à gandé, faire sortir tout le monde et les sensibiliser sur les comportement des gendarmes et du juge et du préfet amadou mactar cissé qui est un complice actif du juge corrompu et du maire stupide et sans cerveau hamidou diaye koita.

    profitons, c’est notre printemps à nous aussi, le printemps soninké, après celui des arabes.

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