Le Pont de Diawara va s’écrouler

Le Pont de Diawara va s’écrouler

Le Pont de Diawara a été construit en 1965-1966, il se trouve sur l’axe départemental qui relie Gandé, galadé et Moudéri à Bakel.

Cette structure est le poumon économique non seulement de la commune de Diawara, mais également d’une bonne partie du  nord du département. Malgré l’état désastreux de la route (non bitumée), le Pont de Diawara permet un désenclavement partiel du département de Bakel.

Depuis plus de 20 ans, l’état du Pont de Diawara ne cesse de se détériorer. Sa structure est devenue instable, des vibrations se font sentir quand on le traverse. Chaque hivernage qui s’annonce est synonyme d’angoisse, de peurs et d’incertitudes, tant le danger est omniprésent, imminent et réel ; des affaissements par ci et par là, causés par les ruissellements des eaux de pluie, par les œuvres du temps qui passe, sans entretien et ni contrôle. Tous les supports du Pont sont déstructurés, encore des inondations comme celles du début des années 2000, cet édifice rendra l’âme.

La sécurité des populations à la traversée du Pont est compromise jour après jour. Après  chaque passage sur la structure,  on remercie le Bon Dieu de nous avoir sauvés la vie. Il est le seul point de passage de Diawara vers le nord, emprunté par les véhicules motorisés, les charrettes et les piétons ; lorsqu’on y croise des gros camions, on s’en éloigne en craignant un danger immédiat.

Les autorités compétentes ont été alertées par tous les canaux de communication, sur l’exposition permanente des populations aux dangers que représente ce Pont délabré, mais hélas, comme à l’accoutumée, nous ne sommes pas écoutés et entendus ; nos doléances ressemblent à ces feuilles mortes qu’on piétine d’un revers de pied, avec le mépris qui caractérise l’acte. C’est aussi à des situations pareilles, en pays soninké, qu’on mesure le mépris et la non considération que nous portent les autorités locales, ceci va du préfet au sommet de l’État : nous sommes considérés comme des sénégalais de seconde zone, de citoyens dont la sénégalité est inconsidérée (c’est du moins ce que ressentent les populations). Pendant que dans certains coins du pays on déballe des milliards (et c’est toujours dans les mêmes endroits où est dépensé l’argent de TOUS les sénégalais), d’autres sont ignorés et où la présence de l’État se résume seulement à son représentant dont l’action n’a aucune incidence positive sur le développement économique et social des populations, c’est une présence qui relève du symbole.

Faut-il attendre la chute du Pont avec des morts se comptant par des dizaines pour qu’enfin nos autorités daignent réagir ?  Combien de morts attendent-elles ? Pourquoi cette mentalité de « médecin après la mort » ne quitte jamais ceux et celles qui sont censés veiller à notre sécurité au quotidien ? Que sont-ils devenus les fonds koweitiens qui étaient destinés au département de Bakel pour les travaux d’infrastructures de Ballou à Gandé, à la fin du règne de Diouf et au début de celui de notre omniscient président Abdoulaye Wade ? Les termites les ont assurément  emportés mille pieds sous terre.

Les populations demandent l’intervention des autorités compétentes afin d’entreprendre des travaux de conception d’un autre Pont dans l’intérêt de ces localités.

Inlassablement, nous continuerons à demander aux autorités d’être à l’écoute des citoyens, de répondre au moins à l’essentiel et au minimum nécessaire et vital, et ainsi, nous demandons à nouveau la construction d’un nouveau Pont dans les normes actuelles et dans des délais très raisonnables, car il en va de la sécurité et de la situation économique d’un département déjà inconsidéré et abandonné à lui-même.

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