Culture Soninké

Culture Soninké

Un héritage millénaire

On dit souvent à Soninkara: « Soro xooro DINGHA, soke xooro kooñore…». DINGHA est considéré comme l’ancêtre de tous les Soninké. On dit qu’il est venu des bords du grand fleuve. Il est passé par Taabo, Baagna, Woyna et  Woyta. On le considère comme le fondateur de Wagadou (Empire du Ghana) après qu’il eut chassé le démon des bords du Puit. Puis il installa le fameux Serpent de Wagadou. Les habitants des lieux le vénèrent en lui offrant chaque année une jeune fille vierge, après les moissons. En contrepartie, le serpent faisait tomber la pluie en abondance et aussi des pépites d’or sur les bords du fleuve. A nos jours il y a encore des familles qui n’ont pas rompu le pacte qui les liait au Biida de Wagadou…

Après la dislocation de l’empire de Ghana, les Soninke se sont dispersés mais ne se sont jamais quitté vraiment. Où qu’ils soient, leurs villages ne sont jamais très éloignés les uns des autres. Ce   « rapprochement » a permis aux Soninké de perpétuer leur culture. Les Soninké attachent une  importance capitale à l’éducation de l’individu. C’est tellement important à leurs yeux qu’ils la confièrent à toute la communauté.

Du conte à la Sagesse…

Contrairement à la légende qui appartient toujours à l’histoire d’un pays ou d’une contrée et qui s’inspire de faits réels, le conte lui s’inscrit dans un ordre mythique. La légende fait partie de la mémoire collective d’un peuple ou d’une ethnie. Cela nous montre qu’il y a des liens profonds entre l’histoire africaine et sa mémoire collective, son pouvoir et sa parole.

Le fait de n’avoir pas d’écriture ne prive pas pour autant les Soninké d’avoir un passé, et une culture. L’écriture est une chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme. Il est l’héritage de tout ce que les ancêtres ont pu connaître et qu’ils nous ont transmis en germe, tout comme le baobab est contenu en puissance dans sa graine, tout comme l’avenir est contenu en essence dans notre passé.
La culture Soninké héritée et transmise de bouche à oreille peut soit se développer, soit s’étioler. Elle se développe là où existent encore des veillées  d’initiation et des jeunes gens pour recevoir la la morale des contes qui mènent à la sagesse. Elle se perd partout où l’initiation disparaît.

La culture Soninké est immense, variée, et concerne tous les aspects de la vie. Par les contes, le Soninké dès son jeune âge est préparé à acquérir les connaissances nécessaires qui l’aideront à guider ses pas vers la sagesse. Le  conteur  n’est jamais un  spécialiste . C’est un généraliste de la culture Soninké. Le même vieillard, ou la même vieille dame par exemple, aura des connaissances aussi bien en pharmacopée, en science des animaux , qu’en  science occulte. On peut parler là d’une  science de la vie , la vie étant conçue comme une unité où tout est relié, interdépendant et interagissant.  On se condamne à ne rien comprendre à l’Afrique traditionnelle si on l’envisage à partir d’un point de vue profane. Toute chose a un sens. Il y a le sens apparent et le caché dans l’essence des choses. Quand on se mire sur l’eau claire de la mare, on la regarde ou on s’y regarde. L’enfant ne voit dans le baobab que le pin de singe tandis que l’ancien y voit le demeure des esprits. C’est une des explications concernant le fait que les personnages des contes Soninkés soient des bêtes ou des humains…

La culture Soninké à l’instar des autres peuples africains a ses racines dans le conte. La plupart des personnages dans le conte Soninké sont des animaux. On ne les désigne jamais  sans précéder leur nom de « kaawou » qui signifie oncle en Soninké. Ceci est fait exprès afin d’habituer le jeune auditoire à ne jamais appeler les aînés directement par leur nom. Les différents genres de la culture orale traditionnelle Soninké regorgent de préceptes, d’anecdotes qui éduquent véritablement au respect des parents et des aînés, l’honnêteté, le courage, le sacrifice, la tolérance, à la modération, etc. Pour montrer la puissance des contes dans la formation culturelle de l’ enfant, voici un conte Soninké connu de tous.  Voici un conte Soninké  connu de tout Soninkara.

Source: soninkara

1 Comment

  1. Avatar
    drame novembre 15, 2010

    J’ai aimer,j’aime et j’aimerais merci a vous tous que dieu vous ne montre la voix qui nous guide vers le chemin de la paradit soukran lakoum wa salam maa likhaiiiiiiiii ok

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