Contexte général de l’eau et assainissement

Contexte général de l’eau et assainissement

Cette partie présente le contexte général de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement pour la commune de Diawara. Elle résulte d’une étude préliminaire lancée par le COREDIA depuis décembre 2005. Cette étude a présenté un double intérêt. En effet, elle a permis au COREDIA ; d’une part, de disposer d’un ensemble d’informations afin de mieux appréhender le contexte de l’eau potable et de l’assainissement; d’autre part, d’établir des relations de partenariat productif et durable avec les acteurs agissant dans le cadre de la solidarité internationale et du développement durable.

1. Données démographiques et socio-économiques :

En 2005, la population de la commune de Diawara est estimée 15 000 habitants répartis entre 500 concessions constituées en moyenne de 30 personnes l’unité. Avec un taux de croissance de 2,5%, en 2015 elle atteindra près de 19202 habitants. C’est donc dès maintenant qu’il faut agir pour trouver des solutions satisfaisantes aux besoins en eau potable et en assainissement. La répartition par sexe, fait apparaître la prédominance légère des femmes avec un pourcentage de 53% et contre 47% d’hommes. S’agissant de l’économie, l’essentiel des revenus des ménages proviennent ; d’une part, de l’agriculture, l’élevage et le commerce ; d’autre part, des transferts financiers des migrants de Diawara constituant également une source significative de revenus pour les familles. On compte en moyenne deux émigrés ou retraités de France dans chaque concession. Globalement, on peut noter que les populations disposent suffisamment de revenus leur permettant de faire face aux charges de fonctionnement des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement convenable.

2. Contexte de l’eau potable et de l’assainissement :

Le forage actuel, réalisé en 1987 par l’Etat du Sénégal et mis en service en 1992, est capté dans la nappe des alluvions pour alimenter la commune. Sa profondeur est de 100 mètres, son niveau statique est de 10,72 mètres et son rabattement 10,39 mètres. Malgré son faible débit de 90 m3 par jour, il reste la seule source d’approvisionnement en eau potable pour la population. Sur la base de 28 litres par personne et par jour, le besoin réel de celle-ci s’élève à 504 m3, soit un déficit de 414 m3. L’ouvrage est donc surexploité, par conséquent, sa durée de vie diminue considérablement. Actuellement dans les pays du Sud, l’O.M.S recommande 35 litres d’eau potable par habitant et par jour. La commune se trouve actuellement très en dessous de cette recommandation. D’autre part, avec ses 17 bornes fontaines composant le réseau, soit 882 personnes par borne fontaine contre 300 au niveau national, la commune est très mal desservie en terme de points de distribution d’eau. Cette situation engendre toujours des files d’attente très longues pour les femmes. Chargées de leurs corvées d’eau, elles effectuent, par jour, une distance moyenne de 4×400 mètres. Toutefois, on trouve des puits dans certaines concessions, mais l’eau des puits n’est pas potable et son usage nécessite au préalable un traitement spécifique (filtration, javellisation, sulfate d’alumine) que les femmes ignorent ou ne respectent pas toujours, occasionnant souvent la prolifération des maladies hydrides (diarrhée, maux de ventre, maladies infectieuses, etc.). S’agissant de l’assainissement, ce le secteur est encore très peu développé en milieu rural sénégalais. En effet, selon des statistiques nationales, seulement 17% des ménages ruraux disposent de l’un des systèmes d’évacuation des excréta et des eaux usées répondant aux définitions des  » Objectifs du Millénaire pour le Développement  » (OMD). Par ailleurs, l’utilisation de systèmes d’évacuation des eaux usées ménagères est quasiment inexistante. En particulier la commune de Diawara (qui n’a été érigée qu’en 2002) ne s’est encore dotée d’aucun système approprié répondant aux critères précités. Toutefois, l’assainissement autonome traditionnel, mis en place par les populations elles-mêmes, est bien répandu dans toute la commune. Cependant, ces ouvrages ne répondent guère aux normes recommandées par les réglementations nationale et internationale, notamment celles qui portent sur la sécurisation des zones de captage et l’amélioration du cadre de vie. Ces circonstances favorisent inéluctablement le développement d’autres types de maladies.

3. La géologie de la zone :

Le contexte géologique a montré que la zone de Diawara appartient à la zone de socle au dessus des schistes. Elle est constituée de terrains anciens, antécambriens et primaires, le plus souvent cristallins, cristallophylliens ou métamorphiques affectés par des fracturations. En 1987, la réalisation de deux sondages électriques dont l’un à l’ouest et l’autre au sud du village, a permis d’observer deux contextes hydrogéologiques différents :
 » l’un matérialisé par le sondage1 montre un toit de la roche saine proche de la surface du sol (23 m de profondeur) sous une faible épaisseur de frange fissurée de 10 m.  » l’autre situation caractérise la zone des alluvions du fleuve surmontant un épais aquifère de schistes fissurés (79 – 147 ohm. m) dont la recharge de la nappe est assurée par les eaux du fleuve. Le résultat des deux sondages a montré que le contexte géologique de la zone présente, très peu probablement, un site favorable à l’implantation d’un forage de capacité supérieure à 30 m3 /heure. Néanmoins d’autres études géophysiques pourraient être menées en élargissant la zone de recherche de point de captage vers le  » Diéry « . Pour l’instant, la solution retenue a consisté réaliser un raccordement du réseau d’adduction à un ouvrage hydraulique d’une autre localité, ce qui est prévue par la réglementation sénégalaise.

4. L’hydrographie de la zone :

Sur le plan hydrographique, la commune de Diawara se situe dans le bassin versant du fleuve Sénégal ; cependant, l’eau du fleuve n’est plus consommée, depuis fort longtemps, à cause de sa très mauvaise qualité. Le fleuve Sénégal et tous les cours d’eau sont intermittents et leurs régimes sont tributaires des pluies hivernales. Durant l’hivernage, l’écoulement des eaux de pluie vers le fleuve est très rapide et la part d’eau conservée dans les bas-fonds des vallées est très faible. Seules les poches d’eau localisées se maintiennent au cours de la saison sèche. Il existe aussi de nombreuses mares naturelles dans les bas-fonds des vallées alluviales destinées au cheptel et occasionnellement à la pêche traditionnelle. Ce contexte requiert une réserve d’eau de surface importante en vue de satisfaire les besoins actuel et futur de la population et sollicite un traitement quotidien permanent.

Conclusion :

Au travers du contexte général, la recherche de solutions en eau potable devrait figurer parmi les priorités des autorités de la commune. Des études très poussées devraient être menées en vue de trouver une solution définitive à cet élément vital. En effet, si le taux de croissance reste maintenu à 2,5% par an, alors dans les 10 prochaines années le besoin réel de la population s’élèverait à près de 760 m3 par jour, contre 504 en 2005.
KOITA Lassana  du COREDIA

 

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