Compte-rendu de mission de Mars 2003 à DIAWARA

Compte-rendu de mission de Mars 2003 à DIAWARA

Le Sénégal, souvent perçu comme une destination touristique, fait partie depuis 2001 du groupe des Pays les Moins Avancés (PMA) avec 65% de sa population vivant au-dessous du seuil de pauvreté (seuil évalué à moins de 2 euros par jour). Il se place au 154ème rang sur 160 pays selon son Indice de Développement Humain (IDH).

En matière d’éducation, le taux de scolarisation, tous degrés confondus, est faible soit 38,1% avec de nombreuses disparités selon les régions, les sexes, les zones rurales ou urbaines… Le pays doit en outre faire face à une dégradation de son enseignement : le surnombre des élèves, le délabrement des établissements, le manque de matériels didactiques ou de mobiliers de classe, les problèmes de formation des enseignants, le manque de personnel, les difficultés financières, les inégalités d’implantation des établissements expliquent cette situation.

Le Sénégal est, par conséquent, un pays aux besoins sociaux et éducatifs très importants.

La commune de DIAWARA, qui comprend plus de 12 000 habitants, se trouve dans la partie orientale du Sénégal au bord du fleuve dans la zone sahélienne (département de BAKEL) à plus de 800 km de DAKAR.

Les situations évoluent très vite au Sénégal sur tous les plans : économique, social, politique, administratif (mise en place de la décentralisation, politique libérale et problèmes créés par la mondialisation).

Les ressources traditionnellement procurées par les immigrés sont en baisse constante. Le « village » prend conscience qu’il faut se prendre en charge, l’émigration étant de moins en moins une solution possible, en particulier pour les jeunes (au niveau insuffisant de formation).

Ce rapport de mission au Sénégal (mars 2003) ne se veut ni exhaustif, ni une relation chronologique de toute cette expérience extraordinaire que nous avons vécue (3 enseignants, 2 infirmières, 1 éducateur spécialisé), tant au niveau des rapports humains extrêmement riches etunesco,dijon, amicaux, qu’à l’avancée réelle dans la définition des projets communs que nous allons mettre en place.

Il part d’un état des lieux, longuement étudié avec nos amis et partenaires africains, pour définir de nouvelles perspectives et donner une nouvelle ampleur à notre relation de coopération et par-là même s’inscrire dans une démarche de développement durable (notion parfois difficile à définir !) en profitant de la mise en place récente de structures démocratiques et administratives décentralisées (création de communes, ministère de la coopération décentralisée).

Nous comptons sur nos amis du COREDIA (Comité de Rénovation de Diawara), du tout nouveau Club UNESCO de Diawara et sur les futures correspondances scolaires pour nous aider à mieux connaître et comprendre les relations complexes qui régissent « le village » dorénavant donc érigé en collectivité locale de plein droit, où presque « tout » est à mettre en place ou à repenser, en commençant par une mairie !

Les partenaires « ici et là-bas »

Nous nous connaissons depuis près de 25 ans à la suite de nombreux voyages (dans les deux sens) même si ce sont hélas des adultes du côté sénégalais qui peuvent venir ! et grâce à nos contacts suivis avec le COREDIA qui a été historiquement – et qui l’est encore – un facteur essentiel dans le développement du « village ».

Aujourd’hui, la donne s’est modifiée « là-bas »  :

1)      La création de la commune et l’élection d’un conseil municipal

2)      Un collège en prévision pour remplacer les locaux provisoires actuels

3)      Une deuxième école primaire (Diawara II)

4)      Un centre de santé avec un personnel compétent et motivé

5)      La naissance d’un Club UNESCO

6)      Le désir des jeunes de s’organiser et de se former

« Ici » aussi, la situation a changé :

Notre projet de partenariat prend une dimension régionale et commence à être connu et reconnu par les pouvoirs publics et un certain nombre d’associations.

Les Clubs UNESCO de notre région impliqués dans ce projet  veulent avant tout éviter d’imposer leurs vues à nos amis  mais à partir des besoins et demandes dans une transparence, financière en particulier, totale (ce qui a été le cas jusqu’à présent, il faut le souligner !).

Mais leur champ de compétence ne comprend pas (pour l’instant) le développement économique ni l’aide « purement » humanitaire. Néanmoins, ils restent ouverts à tout partenariat avec d’autres dans ces domaines.

Perspectives et projets

Actuellement, nos projets communs peuvent se concrétiser autour de trois domaines :

1) LES ÉCOLES (PRIMAIRE ET COLLÈGE)

Outre « l’aide » traditionnelle en matériels pédagogiques, nous avons convenu de passer à une vitesse supérieure : mise en place dans un premier temps de véritables bibliothèques, ouvertes sur le « village » avec la formation d’animateurs-bibliothécaires (projet co-financé par la Ligue de l’Enseignement).
A moyen terme, l’objectif est de créer une « médiathèque de proximité » commune au collège (lorsque celui-ci sera construit… mais ceci est du ressort des pouvoirs publics sénégalais locaux et nationaux), aux écoles primaires et ouverte là encore sur « le village ».

Notre rôle ne pourra être qu’un rôle modeste d’accompagnement pédagogique et financier.
A noter qu’une très forte demande de correspondance scolaire a été formulée : de part et d’autre, les choses ne sont pas forcément simples (trouver des partenaires fiables et constants, déterminer des objectifs).

2) LE CENTRE DE SANTÉ

Notre séjour à DIAWARA a été trop court pour pouvoir suffisamment comprendre l’organisation locale et nationale et faire le point des pathologies les plus courantes et les plus problématiques et des solutions à leur disposition (rapport détaillé sur le centre de santé joint en annexe).

Compte tenu du manque de moyens évident et des besoins immenses, nous souhaitons dans un premier temps pouvoir continuer à apporter une aide en médicaments et en matériel, et, éventuellement, dans le domaine de la stérilisation.

Nous souhaitons également pouvoir poursuivre une aide pour l’utilisation du logiciel d’épidémiologie (fourniture d’un mode d’emploi et aide pour la programmation) lorsque la maîtrise de l’utilisation de l’ordinateur, que nous avons fourni au centre de santé, sera acquise.

Enfin, la possibilité de recevoir là-bas des stagiaires dans le domaine sanitaire a été évoquée. Elle serait soumise à l’accord du comité de santé et les conditions d’hébergement restent actuellement précaires.

3) ANIMATION

« Les jeunes » avaient demandé à nous rencontrer…

Outre une traditionnelle demande d' »aide » d’équipement (ballons de foot… sur ce point, nous sommes intervenus auprès de M. FADIGA (originaire de Diawara) de l’AJ AUXERRE). Le vrai problème qu’ils rencontrent est d’obtenir un local « à eux » et de trouver les moyens de s’organiser, tant financiers qu’institutionnels. D’éventuels partenaires pourraient être concernés, ici (CEMEA, Scouts de France…).

Le cas particulier du club UNESCO

Nos amis de Diawara ont tenu lors de notre séjour à réunir officiellement leur tout jeune Club UNESCO : plus d’une trentaine de membres : nous ne voulons bien évidemment pas interférer, ni dans leur fonctionnement, ni dans leurs rapports avec la FSCU, mais nous souhaitons profiter de cette relation entre gens de la « même famille » pour approfondir à travers des échanges réciproques les thèmes qui nous sont communs (compréhension internationale, éducation au développement, droits de l’homme, dignité…).

Nos objectifs  à moyen terme

  • La création et l’accompagnement (formation de bibliothécaires, de formateurs multimédias et d’animateurs d’éducation populaire bénévoles ou salariés) d’une « médiathèque de proximité » attenante au futur collège et ouverte à l’ensemble de la population.
  • Réaliser un jumelage entre DIAWARA et une commune suburbaine de l’agglomération dijonnaise : des contacts préliminaires ont déjà été pris en ce sens avec comme perspective possible la création d’une « Maison du Jumelage ».
  • Faire de ce réseau qui est en train de changer de dimension, tant avec les institutions  (Agence Régionale de Développement, Centre d’Enseignement et de Formation Professionnelle de BAKEL, Education Nationale et Collectivités Locales ici et là-bas…) qu’avec le monde associatif, une occasion d’échanges véritables et de retombées pour l’ensemble des partenaires en termes d’éducation au développement et de compréhension internationale qui sont parmi les raisons d’être essentielles des Clubs UNESCO.

Outre le site du Club-Unesco,  où vous pourrez consulter le programme du camp-chantier de cet été des clubs UNESCO,vous pouvez consulter également le site du Sénégal.

Dossier complet comprenant :

  1. Une fiche (origine UNESCO) sur l’enseignement au Sénégal
  2. Une fiche sur le budget de notre mission.
  3. Une fiche détaillée sur le centre de santé de Diawara
  4. Une réflexion à partir de l’ouvrage de D. WOLTON sur « l’autre mondialisation »  – celle de la cohabitation des cultures, l’un des principaux enjeux politiques d’aujourd’hui (à travers l’ouverture des frontières, la télé, la démocratisation des voyages… et internet !)
  5. OGM : les risques terrifiants d’une mystification – Exemple du Sénégal (Mme Anne BRIAND-BOUTHIAUX dans « OGM BREVETS POUR L’INCONNU »)
  6. Extrait du « guide pédagogique de la correspondance scolaire internationale (ACORES)

1 Comment

  1. Avatar
    admin mars 30, 2010

    test comments

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